« Un conte espagnol sur l'amour, le désir et la mort. Une métaphore de l'Espagne, pays profondément marqué par son histoire où la tragédie se confond avec l'humour. »
Dans l'enceinte d'un cirque, les singes crient sauvagement dans leur cage tandis qu'à l'extérieur, les hommes s'entretuent sur la piste d'un tout autre cirque : la guerre civile espagnole.
Recruté de force par l'armée républicaine, le clown Auguste se retrouve, dans son costume de scène, au milieu d'une bataille où il finira par perpétrer un massacre à coup de machette au sein du camp national. Quelques années plus tard, sous la dictature de Franco, JAVIER, le fils du clown milicien, se trouve du travail en tant que clown triste dans un cirque où il va rencontrer un invraisemblable panel de personnages marginaux, comme l'homme canon, le dompteur d'éléphants, un couple en crise, dresseurs de chiens mais surtout un autre clown : un clown brutal, rongé par la haine et le désespoir, SERGIO.
Les deux clowns vont alors s'affronter sans limite pour l'amour d'une
acrobate, la plus belle et la plus cruelle femme du cirque : NATALIA.
Balada Triste
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Sortie Espagne : 17/12/2010
« Je fais ce film pour me libérer d'un poids que je porte en moi et que rien ne
parvient à enlever, comme ces taches d'huile qui restent à jamais imprégnées. Je
lave mon linge dans mes films. Je me sens ridicule, un estropié de la vie à cause d'un passé merveilleux et triste, étouffé par la nostalgie de quelque chose qui n'a pas eu lieu, un cauchemar effrayant qui m'empêche d'être heureux.
Je veux annihiler cette haine et cette douleur avec un conte grotesque qui fasse rire et pleurer à la fois.
Je suis deux personnes à la fois, peut-être plus. J'entrevois un enfant mal élevé, peureux et cruel qui prend plaisir à faire du mal et à pincer la joue des faibles d'esprit. Je sais qu'il me déteste et qu'il veut me détruire mais la seule issue pour qu'il cesse de me torturer, c'est que je le laisse sortir pour qu'il puisse s'éclater, rire à s'en tordre les boyaux et tout vomir sur le celluloïde.
Je distingue également une vieille femme aigrie, qui a conscience de son âge, de son ignorance et surtout de sa culpabilité. Elle voudrait pouvoir aimer follement mais elle sait que ce n'est plus possible. Et même si elle n'a plus droit au bonheur, elle désire sincèrement rendre les gens heureux autour d'elle.
Peut-être que ces deux étranges personnages définissent mon film. Leur combat est le résumé de ma vie, de ce que j'ai vu autour de moi : un spectacle confus et absurde, grotesque et décevant mais qui, étrangement, en devient attendrissant par tant d'inepties.
J'ai placé le film en 1973, l'année de mes huit ans. J'en ai un souvenir entre rêve et cauchemar.
C'est peut-être l'année où rêve et réalité se sont le plus rapprochés. “El Lute” (bandit de droit commun), la mort de Carrero Blanco et les clowns à la télé forment un tout indivisible dans ma tête. Je ne sais plus bien qui était le clown et qui était l'enfant dans cette étrange allucination. »