Près du feu
: Plus d'infos
Première mondiale au Festival San Sebastian 2011
Prix du Jury au festival de Montréal (Festivalissimo Latin Film Festival), 2011
Mention Spéciale aux Rencontres Cinéma d'Amérique latine de Toulouse, 2012
Depuis 2011, le film a été sélectionné aux festivals d'Abu Dhabi, Valdivia, Palm Springs, Buenos Aires, Sans Francisco, Utrecht, Jeonju, Vancouver et Munich
Format : 95 min, DCP 2K, couleur, scope 1:85
Note du réalisateur
"Ce film a germé lentement. Au cours d'un long processus d'écriture, une idée qui a toujours retenu mon attention s'est formulée peu à peu: comment un amour pur, fort et durable, peut-il être terni par quelques imperfections, une série de faiblesses? Et comment ces dernières, loin de rendre cet amour moins extraordinaire, le rendent au contraire plus sûr, plus proche, plus humain?
Le film raconte l'histoire d'un homme dont l'épouse souffre d'une maladie lente et douloureuse. Sa mort le laisse profondément affecté, perdu et triste. A partir de cette idée, basée sur l'histoire réelle d'un paysan interviewé pendant les repérages de mon premier long-métrage, Huacho, j'ai imaginé cette histoire des derniers mois de vie de la femme et les tentatives désespérées de l'homme pour lutter contre la mort.
Près du feu est une histoire d'amour. Il ne s'agit pas ici de raconter les hauts et les bas, ni le début et la fin d'une relation. Il s'agit de la lutte quotidienne d'un homme contre l'inévitale. A la tristesse de la situation s'ajoute la pesante routine de s'occuper de quelqu'un qui sait la mort proche, avec l'incapacité que l'on éprouve parfois a aimer quelqu'un aussi fort que nous le souhaiterions.
Le titre, Sentados frente al fuego, est tiré du poème du poète chilien, Jorge Teillier. L'image que décrit le poète est celle d'un couple de vieillards assis devant le feu, qui se souvient avec nostalgie des années passées, de leur histoire qui se perd dans leurs ombres agitées par les flammes.
Daniel sent qu'il n'est pas suffisamment fort, que son amour n'est pas suffisamment grand pour sauver Alejandra et pour qu'elle se sente mieux. Ainsi lui fait-il des «cadeaux», des actes simples qui expriment ce que les mots ne peuvent plus dire.
Bien que le film évoque le caractère inéluctable de la mort, il parle aussi de la résistance à la vie. Le couple évolue sur une année au rythme des saisons. Pendant cette période, Daniel et Alejandra vont changer: Daniel se laisse pousser la barbe, puis la coupe, Alejandra s'affailbit. Le cycle de la nature se reflète aussi dans les bouleversements de la société chilienne, particulièrement affectée par le tremblement de terre du 27 février 2010. Le film a été tourné à l'endroit où les secousses ont été les plus fortes et cela se répercute dans le paysage, les conversations et les souvenirs des personnages.
De cette manière, Près du feu devient aussi un film sur la mémoire, le changement, la transformation, et sur l'insignifiance que l'existence humaine peut prendre à l'échelle du monde. Comme un homme qui regarde les flammes s'élever du feu vers le ciel noir au-dessus de lui."