En avril 2009, Nicolas Sarkozy décide de baisser le taux de tva dans la restauration de 19,6 à 5,5.
Cette mesure, d'apparence technique et économique, s'avère être un fait éminemment politique et parfaitement symbolique d'une manière de gouverner : pas de concertation, beaucoup de communication et une soumission totale aux lobbies.
À la manœuvre, le président, grand prestigitateur, fait disparaître trois milliards d'euros par an des caisses de l'état sans qu'aucune réflexion de fond ni débat parlementaire n'aient été produits sur un secteur qui pèse très lourd dans l'économie du pays.
Et alors que les déficits publics sont abyssaux !
Raisonnements simplistes, mensonges par omission, absence de vue globale et de réflexion à long terme, une dérive dangereuse est à l'œuvre jouant sur l'oubli qu'une communication et une agitation permanentes facilitent.
Cette décision, un restaurateur a décidé de la remettre en question, fort de sa légitimité de citoyen et d'entrepreneur dont la réussite exceptionnelle confère un poids particulier à son propos.
Xavier Denamur, c'est son nom, s'est donc lancé dans un combat singulier : remettre en question une décision phare du sarkozisme.
Ce film est la chronique de son combat pour une restauration retrouvant le bon sens alimentaire en même temps que son lien organique avec un monde paysan enfin conscient des enjeux de santé publique. Combat qui est aussi l'occasion d'une réflexion sur l'état de notre République.
République de la malbouffe
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Jacques Goldstein (réalisateur) :
"Il y a maintenant deux ans, Xavier Denamur me demandait de réaliser un film sur ce qu'il appelait “le scandale de la baisse de la tva dans la restauration”. Le sujet était particulièrement loin de mon champs d'activité habituel qui est de filmer la musique. Mais il se trouve que je me suis toujours intéressé à l'économie et à la politique et cette occasion m'a semblé propice pour investir un champs nouveau du point de vue de l'expression filmée, mais familier du point de vue de la réflexion “théorique”.
Alors pourquoi pas la restauration comme point de départ à ce questionnement me suis je dit. Finalement c'est un lieu de socialisation extrême, tout le monde, riche ou pauvre, se retrouve à un moment donné autour d'une table. Par ailleurs, et c'est loin d'être négligeable pour la démonstration, la restauration est en France un secteur d'activité qui pèse lourd dans le PIB et en emplois. Ce projet que m'a soumis Xavier Denamur m'a donc semblé un bon point de départ “particulier” pour une observation d'un phénomène que l'on imagine “général”. République de la Malbouffe, c'est l'histoire de notre dramatique perte de contrôle de “l'économique” et du “politique” et celle, beaucoup plus triviale mais non sans conséquences, de notre assiette."