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Les Promesses de l'Ombre

Eastern Promises

2006 - Canada/Etats-Unis/G.-B. - Drame/Mystère/Thriller - 1h40
Fiche Les Promesses de l'Ombre
 
CinEmotions
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Sortie France
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Les tatouages
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Le tatouage, «la bouzille» ou «les fleurs de bagne» est le stigmate caché apparentant le criminel au sauvage primitif. C’est le féroce attribut des assassins, des souteneurs, des mafieux…
Aussi étrange que cela puisse paraître, le corps d’un truand respecté, un vor v’zakone, recouvert de tatouages est, en premier lieu, un objet linguistique. Les tatouages représentent un langage symbolique unique et les règles qui permettent de les déchiffrer sont transmises par tradition orale. Esotérique par nature, ce langage ressemble à l’argot du «milieu» et joue un rôle similaire en cryptant les informations secrètes afin de se protéger de l’intrusion des non-initiés. De la même manière que l’argot est un langage masqué, des termes neutres ont un sens codé et les tatouages véhiculent des informations symboliques secrètes à travers l’utilisation d’image allégorique qui, à première vue, paraissent familiers à chacun d’entre nous - par exemples, une femme nue, un démon, une bougie allumée, un donjon, un serpent, ou encore une chauve-souris. Il s’agit d’un langage hautement socialisé et politisé. Le corps tatoué d’un truand est comparable à un complet veston recouvert d’insignes, de décoration, de médailles signifiant le rang et la distinction. Dans le jargon du «milieu», la composition traditionnelle des tatouages est connue sous le nom de frak s ordenami (costard recouvert de décorations) une expression que l’on trouve dans les dictionnaires d’argot. De nombreux tatouages sur l’épaule, par exemple, représentent des épaulettes ou des pattes sur lesquelles sont dessinées des étoiles ou des crânes. On voit même parfois des pattes d’épaules de l’armée de Hitler. Les corps sont décorés de cercles, de croix sur des chaînes, de fers, de menottes, d’insignes et de couronnes en forme d’étoile. Dans le jargon du «milieu», les lignes transversales autour des doigts sont appelées des perstni (bagues).
Ces tatouages récapitulent, en fait, les états de service du truand ; ils sont sa biographie complète. Ils détaillent ses réussites et ses échecs, ses avancements et ses rétrogradations, ses détachements et ses transferts. Les tatouages d’un truand constituent à la fois son passeport, son casier judiciaire, la liste de ses diplômes et de ses récompenses, ainsi que ses épitaphes. En d’autres termes, ce sont ses documents administratifs officiels au grand complet. Ainsi, dans l’univers de la pègre, un homme sans tatouage n’a aucun statut social. Dans l’argot du «milieu», on appelle ce genre d’homme un petouchok (muscadin) ; dans les camps de prisonniers, on lui donne immédiatement le statut de tchoukhan (larbin). Les nouveaux arrivés dans le zona (les prisons et les camps) sont tout d’abord classés selon deux catégories : les rakovye cheïki (les cous d’écrevisses), c’est-à-dire, les vétérans qui portent des tatouages, et les petouchok, les muscadins qui ne sont pas tatoués. Les tatouages du corps d’un truand sont une déclaration organisée de manière extrêmement complexe.
Les tatouages peuvent être la voix de son porteur, exprimant ses pensées, sentiments ou souvenirs. Exemple : «Maman, pardonne-moi !...». Les tatouages servent aussi à véhiculer des messages spécifiques : un délinquant sur lequel sont tatouées des lettres peut servir de messager à l’intérieur de la «zona». Son corps est une lettre vivante qui porte le message d’un chef de la pègre ou d’une autorité du «milieu».
La plupart du temps, les tatouages représentent le langage du «milieu» dans sa globalité. Ils sont un moyen de communication sociopolitique, une sorte de mass média des truands. Les tatouages sont les symboles de l’identité publique, de la conscience sociale et de la mémoire collective. Ils forment des stéréotypes de comportement de groupe et fixent les règles et les rituels nécessaires au maintien de l’ordre parmi les criminels.
La difficulté principale du déchiffrage symbolique des tatouages réside dans le fait que les régions du corps sur lesquelles ils sont exécutés sont elles-mêmes chargées de sens. Selon la partie du corps choisie, la signification peut changer de sens.
La réalisation de tatouage acquiert un statut très haut dans l’univers des truands. Tout comme les virtuoses du blatnaya fenya (le baratin de la pègre). Dans le jargon du «milieu», on les appelle des kol’shtchiki (poinçonneurs), puisque les tatouages sont le plus souvent exécutés lors de séjours en prison.


Article extrait des éléments presse
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