Caché
Extraits de dialogues
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ANNE : Il y avait un panneau, là.
GEORGES : Je n'arrive pas à lire.
ANNE : Lé…nine ? Non ? C’est pas ça ? Avenue Lénine ?
GEORGES : Oui, avenue Lénine mais où ? Tu n’as pas le plan, s’il te plaît ?
ANNE : Attends.
GEORGES : Romain… Romainville ! Ça pourrait être Romainville, regarde s’il y a une avenue Lénine là-bas ?
ANNE : Attends. Voilà. C’est près du métro Mairie des Lilas. Ligne 11.
GEORGES : Fais voir.
ANNE : C’est là, tu vois. Alors ? Qu'est-ce que tu comptes faire ?
GEORGES : Je vais y aller. C'est tout près de chez Guillaume. Tu vois ?
ANNE : Et ?
GEORGES : Rien, je vais y aller, je vais frapper à la porte et on verra bien.
ANNE : C'est aussi simple que ça ?
GEORGES : C'est aussi simple que ça, oui. Tu as une meilleure idée ?
ANNE : Et pourquoi pas la police ? Tu as ce couloir, tu as une adresse, il faut qu’un policier t’accompagne, ça au moins, ils en sont capables, non ?
GEORGES : Mais si c’est juste un coup de bluff, si c'est quelqu'un qui se paie notre tête ?
ANNE : Tu crois ça ? Sérieusement ?
GEORGES : Elle montre quoi, cette cassette ? Une rue avec un couloir d'HLM. Ils vont me dire : commencez par y aller, frappez à la porte, et si vraiment quelqu'un vous saute dessus ou essaye de vous tuer, revenez nous voir, voilà.
ANNE : Qui connaît la maison où tu as passé ton enfance ?
GEORGES : Je ne sais pas.
ANNE : Et tu ne connais pas cet immeuble ?
GEORGES : Non !
ANNE : Bon, et bien on va prendre un détective.
GEORGES : Tu vois trop de polars à la télé, toi.
ANNE : On ne peut pas discuter avec toi. Fais comme tu veux.
GEORGES : J'ai un soupçon.
ANNE : Quoi ?
GEORGES : Oui, je crois que je sais qui c'est.
ANNE : Tu sais qui c'est ?
GEORGES : Je crois que je le sais.
ANNE : Alors ?
GEORGES : Alors , il faut que je m' en assure.
ANNE : Dis donc, ça va la tête ? Tu pourrais peut-être faire partager ton savoir solitaire. Après tout, ça me regarde aussi un peu, non ?
GEORGES : Je ne peux pas te le dire parce que je ne le sais pas. C’est juste un soupçon.
ANNE : Et tu ne peux pas m'en parler ?
GEORGES : Non.
ANNE : Dis donc je ne sais pas ce que je… Tu te rends vraiment compte de ce que tu dis ?
GEORGES : Anne, je t'en prie, calme-toi, c'est pas ce que tu crois.
ANNE : Qu'est-ce que je crois, alors ?
GEORGES : Nom de Dieu, arrête ton numéro, tu veux ? C'est un soupçon très vague et je ne voudrais pas affoler qui que ce soit tant que je n’en sais pas plus. Ça ne te concerne absolument pas.
ANNE : Ça ne me concerne pas ! Et bien, j'ai dû rêver ces jours-ci ! Moi je croyais que ça me concernait, d'être terrorisée par ces coups de fil anonymes et ces putains de vidéos, de ne presque plus oser sortir dans la rue. Moi, je crois que ça me concernait de ne plus pouvoir fermer l'œil quand je pense à Pierrot et à toi, et à toute cette merde.
GEORGES : Je t'en prie.
ANNE : Mais si ça ne me concerne pas, alors tout va bien, alors, on en revient aux affaires courantes : tu veux manger quelque chose, ou tu préfères que je te serve un apéro… ?
GEORGES : Anne, je t'en prie si j'avais su que ça …
ANNE : Et bien ? Qu’est ce que tu aurais fait? Tu aurais fermé ta gueule, c'est ça ?
GEORGES : S’il te plaît.
ANNE : Mais tu te rends compte des conneries que tu débites ? Tu n’ as jamais entendu parler de confiance ? Non ?
GEORGES : Tu ne te rends pas compte que tu fais exactement ce que ce type veut provoquer avec ses cassettes ? Il veut mettre notre vie sens dessus-dessous, tu réagis exactement comme il le souhaite. Tu ne peux pas me faire simplement confiance ?
ANNE : Moi, je dois te faire confiance ? Mais pourquoi pas l'inverse, pour une fois ? Qu'est-ce que tu dirais de me faire confiance? Qui a refusé de faire confiance à un autre, ici ? Imagine que ce soit le contraire ! Imagine que je te dise : je soupçonne qui pourrait nous terroriser, mais je ne peux pas te le dire. Super, non ? C'est comme ça que tu imagines une relation qui marche bien, sur une base de confiance mutuelle?
GEORGES : Tu devrais t'entendre parler.
Article extrait des éléments presse
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