Baptêmes du feu
Note d’intention de Philippe Venault, réalisateur
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Le 15, c’est le SAMU, le 17, c’est la POLICE ; mais le 18, c’est « LES POMPIERS ». Une originalité sémantique. C’est le seul numéro qui, derrière une fonction d’urgence, désigne des gens. Des gens comme vous et moi. Sauf qu’ils risquent leur vie pour le citoyen lambda au travers d’actions héroïques souvent, dérisoires parfois, banales presque toujours. Donc, des gens qu’on appelle « pompiers » ; disons Malavoie, Grand, Alex …
Les jours s’égrènent entre des serpents qu’on extrait des toilettes, des baignoires qui fuient, des chats égarés, des appartements qui flambent et des morts en pagaille. Heureusement, il y a le sexe… plus ou moins heureux, plus ou moins maladroit…
Le roman de Ludovic Roubaudi parle d’eux. De leur engagement, de leur jeunesse, de leurs réactions et de leur comportement. De leurs peurs et de leurs désirs. C’est la singularité du livre. Ecrit à la première personne, il fait l’état des lieux des sentiments d’un jeune sapeur. Il raconte de manière crue, brutale, l’irruption d’un personnage féminin dans un univers d’hommes, habitués à avoir comme seul miroir, eux-mêmes. Entre feu et flamme, entre désir et refus, ils doivent apprendre, non pas un nouvel ordre des choses, mais une nouvelle manière de l’appréhender, jusqu'à l’acceptation, jusqu’au renoncement consenti.
Sans pour autant renoncer à la vie, aux hasards qu’on précipite, aux situations qu’on apprivoise, au sexe…
L’irruption d’une femme, dans ce milieu idéalement marqué du sceau masculin, ne va pas sans quelques entorses. C’est même là où le roman échappe à la bienséance convenue. Ils ont vingt ans et ils ont tout à apprendre.
Quand il s’agit d’un film, cet embarras, ces interrogations et ces actions sont de pures évocations littéraires. Sans les acteurs, sans leur confiance, sans leur talent à rendre palpables des sentiments et rendre crédibles des personnages, une réalisation n’est rien. La vivacité du propos, l’énergie de ces jeunes gens doit rester au centre du film. Les acteurs. Encore et toujours.
Leur travail est immense. Le mien est de les guider et de leur faire prendre leur juste place dans le puzzle. Le reste n’est que de la technique. Elle se glisse aisément dans leur pas. La plus légère possible.
Baptêmes du feu (2007) , au-delà de la mythologie virile, renvoie donc sèchement, par le biais de la comédie, aux jugements hâtifs, aux déclarations erronées et aux attitudes toutes faites. L’humour est obligatoire. De la légèreté sans mièvrerie et du « cru » sans vulgarité. Plus facile à dire qu’à faire dira t’on…
Article extrait des éléments presse
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