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Le Cri
La cinquième génération par Hervé Baslé
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Jean-Baptiste Maunier et Francis Renaud sont Robert Panaud. Né en 1930, entré à l’usine en 1945, année des grandes espérances, de la confi ance et de l’enthousiasme retrouvé. Licencié économique en 1980…
Francis Renaud et Marina Golovine
“Francis correspondait tout à fait au personnage que je recherchais. Parce qu’il est tout sauf lisse, il donne une profondeur et une épaisseur pleines de fragilité à Robert. Ce qui est étonnant, et que j’ignorais au moment où je l’ai choisi, c’est qu’il est fi ls et petit-fi ls de métallurgiste. Il a d’ailleurs eu l’élégance de ne pas jouer de son histoire pour me convaincre et ce n’est que pendant le tournage qu’il m’a parlé de ses origines. C’est quelqu’un de très touchant et d’extrêmement gentil.
Quant à Marina, elle a bossé avec moi dès ses dix-sept ans. Elle a tourné avec moi dans deux films sur trois pour des raisons évidentes : elle est superbe, belle de l’intérieur et de l’extérieur.”
Robert et le renouveau
“Pendant toute la guerre, les usines ont continué à fonctionner, mais ce qu’elles produisaient était destiné à armer l’occupant et non la France. La Libération marque une renaissance. L’histoire de Robert commence au moment où la France vit ce renouveau. J’aimais bien cette idée. Non seulement parce que ce sont deux histoires qui redémarrent ensemble, mais aussi parce que ça permet de montrer l’enthousiasme des gens à la Libération. C’est la reprise et le moment des grands enthousiasmes, comme en témoignent les mots employés pour décrire cette liberté recouvrée : “On pouvait marcher sans croiser les troupes d’occupation, sans entendre le bruit des bottes. L’air devenait, respirable, il ne sentait plus les uniformes”.
La résistance du monde ouvrier
“Dans la Résistance, le monde ouvrier avait joué un rôle tel que tout ce que le Conseil national de la Résistance avait projeté pour les jours de paix s’est retrouvé dans le programme du gouvernement. Les idées – comme la nationalisation des grands moyens de production, la sécurité de l’emploi, la réglementation des conditions d’embauche et de licenciements, le rétablissement des délégués d’ateliers, etc. – viennent en grande partie de la lutte ouvrière.”
Robert à 15 ans
“Entre Francis Renaud et Jean-Baptiste Maunier qui joue son rôle à quinze ans, on a vite découvert qu’il y avait une vraie correspondance, et pas seulement sur le plan physique. D’ailleurs, ils s’entendent très bien, ce qui ne trompe pas ! Bien sûr, j’ai été touché que Jean- Baptiste veuille, à travers cette histoire, connaître un aspect de la vie de son grand-père qui avait travaillé en usine, mais ce qui m’a le plus étonné, c’est combien ce môme garde la tête sur les épaules malgré le tourbillon médiatique qu’il vient de vivre : il sait que poursuivre ses études malgré tout ça, c’est essentiel. Il réussit à concilier les deux, et je l’encourage à continuer le plus longtemps possible !”
La crise
“Les mises en retraite anticipée datent des années 1970. A ce moment-là, différentes entreprises se réunissent pour former de grands groupes capables de surmonter la crise. Grâce à cette concentration des moyens, ils produisent à moindre coût. A la fin du XIXe siècle, à un échelon beaucoup moins important, ce type de mesures avait déjà été pris. A chaque évolution ou bouleversement, on use des mêmes méthodes.”
Propos recueillis par AMÉLIE DE VRIESE pour France 2.
Article extrait des éléments presse
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