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Mardi - 00:15 |
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Pour permettre à Roberts et Owen de se mettre en bouche un dialogue au rythme infernal, Gilroy et ses stars répétèrent pendant une semaine. Ce ne serait pas de trop pour assimiler toutes les nuances du texte et se familiariser avec des personnages aussi retors et ambigus que Claire et Ray. Giamatti, quant à lui, se rendit chez un coiffeur de l’Upper East Side pour goûter aux menus plaisirs d’une vie de magnat.
Jennifer Fox :
«Paul est un gars très simple qui ne se serait sûrement pas offert une coupe et une manucure si nous ne l’y avions poussé. Nous tenions à ce qu’il s’imprègne de l’ambiance de ces salons très fermés.»
La bagarre des deux PDG, qui ouvre le film, fut soigneusement répétée dans un studio de danse au sol garni d’épais matelas. «Nous avons préparé chaque mouvement de cette danse comique avec un chef cascadeur», dit Fox. «L’empoignade, burlesque à souhait, donne lieu à une scène tordante.»
Design
Gilroy demanda à son chef décorateur Kevin Thompson de procurer à chacune des firmes rivales une identité spécifique. Burkett & Randle a un côté clean, quasi clinique, avec son service de contre-espionnage souterrain, équipé de systèmes de surveillance high-tech, tandis que le service homologue d’Omnikrom joue davantage sur des mélanges de textures, des superpositions, des effets de transparence.
«On est parti sur des idées très basiques», révèle Thompson. «Burkett & Randle donnerait dans le blanc et le minimalisme, avec le bleu comme couleur thématique. Omnikrom serait l’équipe «rouge», plus orientée high-tech, jouant sur des gammes de gris, et sans le moindre soupçon de blanc ou de bleu. Tony est très visuel, très précis dans ses demandes. Il veut des lignes claires, des compositions reposantes, un design masculin. Étant écrivain, il exprime clairement ses intentions, ce qui est un atout pour un décorateur.»
Les extérieurs
L’essentiel du tournage se déroula à Manhattan, avec une semaine dans les Bahamas et une dernière semaine à Rome.
Kevin Thompson :
«Il était important d’avoir à l’écran les vraies rues de New York et des sites connus de la Grande Pomme, filmés de manière «non hollywoodienne».
Nous avons filmé la Gare Centrale comme peut la percevoir un piéton à une heure de grande affluence. Nous avons tourné dans la 5ème Avenue, dans Central Park, aux abords ou à l’intérieur de bâtiments classiques comme la Chase Manhattan Bank, le Citicorp Building, la Lever House, le Seagram Building.»
«Il nous a fallu plusieurs semaines pour trouver un espace libre au Seagram», indique le producteur Kerry Orent. «Cela a permis à Tony de situer le bureau de Tully au coeur de l’empire financier de Manhattan.»
La préparation de la séquence de la Gare Centrale s’avéra un casse-tête logistique et nécessita un énorme effort de coordination avec les services municipaux : transports, police, etc.
Kerry Orent :
«Nous avons finalement obtenu une fenêtre... de moins de cinq heures pour filmer cette scène compliquée qui mobilisait des centaines de figurants. On a du commencer un dimanche à 4 h du matin et tout finir en hâte pour 9 h. Impossible de retarder l’entrée en gare des trains ou d’expliquer aux voyageurs qu’ils ne pouvaient pas utiliser cet espace. On a planifié la séquence plusieurs semaines à l’avance et Tony s’est plié à toutes les contraintes pour en tirer le meilleur.»
Les intérieurs des palaces de Londres, Rome et Dubaï furent tous réalisés à New York, et les plans d’exposition de ces diverses villes tournées par des secondes équipes.
Rome, dernière étape du tournage, avait été le lieu de rendez-vous de Claire et Ray après leur première confrontation à Dubaï. L’équipe consacra plusieurs mois aux repérages afin de sélectionner les sites les plus appropriés.
Kerry Orent :
«Les choix de Tony sont le résultat d’un long processus de repérages et de négociations avec le gouvernement italien en vue d’obtenir les autorisations de tournage dans la vieille ville. Il a fallu, par exemple, négocier longuement pour être autorisés à filmer dans un lieu aussi fréquenté que la Piazza Margana où Clive va surprendre Julia.»
Gilroy choisit des lieux romantiques dont il s’était lui-même épris durant ses visites de la Ville Éternelle. Et Thompson d’expliquer : «Nous avons fait des repérages sur la Piazza Navona, aux abords du Panthéon, et dans le vieux ghetto juif. Nous souhaitions passer graduellement de décors romantiques amples et ouverts à de petites rues étroites avant de déboucher sur cette Piazza Margana, que Tony adore et où il rêvait de tourner. C’était le lieu idéal pour une scène entre Clive et Julia.»
Costumes
Albert Wolsky fut chargé d’habiller les deux stars et, plus encore, de traduire leurs personnalités à travers des choix vestimentaires précis. «Mon job est de raconter une histoire», explique ce vétéran couronné à l’Oscar pour ALL THAT JAZZ et BUGSY. «Le costume est un instrument au service de cette narration. Les films contemporains sont à cet égard bien plus difficiles que les films d’époque. Jusqu’à une période récente, le costume dénotait en effet clairement l’identité, le niveau social et les origines d’une personne. Aujourd’hui, les codes sont brouillés, et il est devenu quasiment impossible de distinguer le riche du pauvre. Je n’arrive même plus à dire qui est bien habillé ! »
Wolksky travaille depuis longtemps avec Julia Roberts, un modèle d’élégance qu’il habilla notamment sur PRETTY WOMAN, L’AFFAIRE PÉLICAN et, récemment, LA GUERRE SELON CHARLIE WILSON.
Albert Wolsky :
«Tony voulait un film glamour et sexy, mais Julia ne pouvait pas se balader constamment en robe du soir ! Il fallait travailler dans la discrétion, avec des tenues ajustées et raffinées, des talons aiguilles qui donnent une posture très sexy, etc.
«Le moment clé, pour moi, est celui où le spectateur découvre un personnage. La tenue joue un rôle capital dans la première impression qu’il s’en fait. Il faut qu’elle soit parfaite. Pour Julia, le choix était simple : cette femme est 100 % business, elle ne fait qu’un avec son monde. J’ai donc choisi de l’habiller de noir pour ses premières scènes. Clive arbore un ensemble immaculé dans des tons gris. Tout le début du film est une symphonie en gris et noir, avec Tom Wilkinson en noir, et son entourage en gris.»
Ces choix furent minutieusement définis et affinés en coordination avec Gilroy et Thompson afin d’obtenir une parfaite harmonie visuelle entre costumes et intérieurs. Les divers extérieurs et leurs atmosphères spécifiques entrèrent également en ligne de compte pour définir les choix vestimentaires : «Pour le flashback romain, j’ai voulu tout naturellement de la couleur», explique Wolsky. «De même à Dubaï, où l’ambiance estivale et lumineuse appelait des couleurs vives, à l’inverse du monde de l’entreprise, placé sous le signe du gris, du noir et du blanc.»
Article extrait des éléments presse
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