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Mardi - 00:15 |
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« J’ai passé huit heures par jour en combinaison de plongée
et deux heures sous l’eau. »
Chris Corbould
Chris Corbould, superviseur des effets spéciaux et des effets de maquettes, travaille ici sur son 11e Bond. Il était ravi que les producteurs souhaitent revenir à un style plus réaliste et diminuent la présence des effets numériques.
Il précise : « L’art des effets spéciaux me passionne et je me battrai toujours pour faire les choses en vrai. Les images de synthèse sont un outil formidable, et peuvent être très utiles, surtout si elles sont mélangées sans que l’on puisse les déceler avec la réalité pour améliorer l’action. Mais si un effet peut être fait en vrai, c’est toujours mieux. »
Les trois grands défis de Chris Corbould sur CASINO ROYALE ont été complètement différents et se sont déroulés dans des lieux variés : le palais vénitien en train de couler, avec des scènes situées à Venise sur le Grand Canal et à Pinewood dans le Paddock Tank et sur le plateau 007 ; la séquence de poursuite sur le tarmac de l’aéroport international de Miami, lorsque Bond poursuit un terroriste qui a l’intention de faire exploser un nouveau prototype d’avion ; et Bond qui poursuit Mollaka dans un chantier de construction à Madagascar.
Les premières scènes prévues par le planning étaient celles du chantier. Elles ont en fait été tournées aux Bahamas, sur le site d’un hôtel en ruines maquillé comme s’il s’agissait d’un site de construction. Dans cette scène, Bond grimpe dans une excavatrice de 18 tonnes et la conduit à près de 60 km/h vers le bâtiment. Il heurte un camion, détruit une cabane de chantier, et encastre l’engin dans la structure sur laquelle court Mollaka, le godet mordant dans le béton.
Chris Corbould explique : « Nous avons commencé par construire une maquette et avons envisagé deux ou trois manières selon lesquelles l’engin pourrait détruire le béton de manière vraisemblable, y compris en enlevant le pilier en dessous. Martin Campbell préférait l’approche directe où le godet pénètre droit dans le béton. Nous avons fait quelques essais, et lors de la prise ça s’est révélé encore meilleur que prévu. Le béton a englouti le godet et on dirait une vague. »
A l’aérodrome de Dunsfold, dans le Surrey, la première et la deuxième équipe ont passé dix semaines à tourner la séquence où Bond poursuit un autre terroriste à travers un bâtiment de l’aéroport de Miami jusque sur le tarmac.
Corbould explique : « Bond poursuit Carlos, qui conduit un camion-citerne d’essence sur la zone de l’aéroport en pleine heure de pointe, au milieu d’un trafic très dense. Bond saute sur le camion, et pour le faire tomber, Carlos heurte tout ce qui se trouve sur son chemin – des bus articulés, des voitures de police et des chariots à bagages. Un vrai carnage ! J’avais déjà travaillé avec des camions-citernes dans PERMIS DE TUER, et je savais que ce sont de vrais monstres, difficiles à manier en raison de leur taille et de leur poids. En plus, nous voulions bien sûr que ce soit plus spectaculaire encore, nous avons donc gonflé les moteurs pour obtenir des collisions à grande vitesse. »
Chris Corbould raconte : « Pour l’immense décor du palais vénitien sombrant dans l’eau, nous avons construit le système de trucage le plus impressionnant que j’aie jamais conçu, que ce soit pour un Bond ou un autre film. Bond suit Vesper et Gettler dans une maison en rénovation, soutenue par des ballons gonflables. Au cours de la poursuite, les ballons sont percés par des balles et commencent à se dégonfler, causant l’effondrement des murs. C’est finalement toute la construction qui sombre dans les flots du Grand Canal. »
C’est sur le bassin du plateau 007 à Pinewood que la production a construit une piazza vénitienne, et l’intérieur de la maison en ruines sur trois étages.
« C’était une structure de trucage énorme, pesant 90 tonnes et faisant intervenir de l’électronique et des systèmes hydrauliques. Je voulais obtenir un mouvement très rapide, pour installer l’idée que la maison coule. Les valves hydrauliques étaient contrôlées par ordinateur parce qu’il y avait un mouvement intense dans toute la structure – elle pouvait monter et descendre et s’incliner sur deux axes. Elle aurait pu facilement toucher le fond du bassin ou heurter le toit, et il nous fallait donc prendre de grandes précautions en matière de sécurité. »
La structure pouvait être immergée dans 5 mètres d’eau, dont une partie passait par-dessus, et Corbould a passé beaucoup de temps en combinaison de plongée. « Je restais à peu près huit heures par jour dans l’eau sur ce décor, dont environ deux sous l’eau juste pour remédier aux différents problèmes. Nous avions d’énormes batteries de compresseurs à l’extérieur du bassin, qui font monter l’eau tandis que la maison sombre, et tout cela devait être en parfait état de marche en permanence. Au fur et à mesure que le tournage progressait, et que la maison sombrait, des débris et de la poussière commençaient à tomber dans l’eau, la visibilité diminuait et nous finissions par bouger à tâtons… »
L’équipe des effets a également créé une maquette de l’extérieur du palazzo, à l’échelle un tiers, pour filmer l’effondrement progressif du bâtiment dans le canal. Les systèmes hydrauliques de la maquette ont été pilotés informatiquement pour que Corbould et ses collaborateurs puissent recréer exactement le mouvement du décor intérieur.
« Ce décor a marqué un vrai tournant, souligne Chris Corbould. C’était le plus volumineux que mon équipe et moi ayons jamais construit, et c’était aussi un système extrêmement complexe. Je me souviens, au début du projet, ils nous ont dit qu’il n’y aurait pas de gadgets ni de trucs bizarres… et puis ils nous ont sorti ça ! Mais au final, le public aime ce qui présente un risque réel. Voir une scène de cette ampleur réalisée en vrai, c’est autre chose ! Ils apprécient le courage des acteurs et de l’équipe, l’astuce qu’il faut pour réaliser la scène. Je crois sincèrement que le cinéma est en train de prendre une nouvelle direction, je crois à une renaissance des effets spéciaux qui prendront à l’avenir le pas sur les effets visuels. »
Article extrait des éléments presse
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