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Snow White and the Huntsman
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2011 - Etats-Unis - Aventures/Fantastique
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The fairest of them all.
critique proposée par Juliette Kubik
412 lectures
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Aux Etats-Unis, il parait que rien n’est impossible ; alors que vous n’avez aucun long métrage à votre actif mais seulement des courts ou des spots publicitaires, vous pouvez tout de même vous retrouver avec le poids d’une production à 170 millions de dollars pesant sur vos frêles épaules. C’est très précisément ce qui est arrivé à Rupert Sanders, dont « Blanche-Neige et le chasseur » est le premier long-métrage.
Doit-on vraiment rappeler l’histoire de Blanche-Neige ? Célèbre conte des frères Grimm, cette princesse à la chevelure de jais se voit poursuivie par sa sorcière de marâtre dont l’unique but est d’être la plus belle du royaume – pour faire court. Dans un souci de modernité ou d’une forme de retour à la tradition (les contes des frères Grimm étant nettement moins édulcorés que l’imagerie Disney), la version proposée par Rupert Sanders se veut relativement sombre.
La jeune Blanche-Neige (Kristen Stewart) est recluse dans son propre château par la belle Ravenna (Charlize Theron) qui a pris le pouvoir dans le royaume. Tandis que cette dernière découvre que le cœur de Blanche-Neige est la clé de son immortalité, la belle parvient à s’échapper. Un chasseur (Chris Hemsworth) connaissant bien la forêt où la trace de la princesse disparait sera alors engagé par le frère de la reine pour la retrouver, contre la promesse de revoir sa défunte femme grâce aux pouvoirs de Ravenna.
Au milieu de cette histoire, le point fort du film est sans nul doute sa photographie ; les images du royaume sont absolument sublimes et les effets spéciaux ne sont pas en reste. En témoigne la fameuse séquence où Ravenna demande à son miroir si elle est bien la plus belle : plus qu’un simple visage au milieu d’un miroir, nous assistons à la transformation de ce dernier en un personnage sans visage et drapé, rappelant les sculptures de l’artiste contemporain Kevin Francis Gray (justement crédité au générique en tant que concepteur artistique).
Nous passons ainsi au cours de films d’un paysage de désolation – le château frappé par d’immenses vagues, la menaçante forêt où s’aventure la belle – à d’autres, magiques et luxuriants : le « territoire des fées » où la vie peut encore se réfugier. Chacun de ces mondes regorge de créatures sortant tout droit de l’Heroic-Fantasy, ce qui tend à éloigner « Blanche-Neige et le chasseur » du conte de fée classique à proprement parler.
Pour ce qui est des personnages, Charlize Theron apparait magnifiée dans son rôle de marâtre tant par ses costumes (spécialement créés par la costumière Coleen Atwood) que par les paysages de pierre qui l’entourent. Ravenna apparait d’ailleurs comme le personnage le plus intéressant et le plus convaincant du film, le réalisateur ayant essayé de d’aller plus loin que le simple manichéisme à l’œuvre dans les contes. Est-elle si malfaisante qu’elle le laisse entendre ?
D’un autre côté, la tentative de transformer la sage Blanche-Neige en Jeanne d’Arc moderne n’est pas un essai des plus concluants. La faute à un scénario trop haché ? Voilà le principal problème du film de Rupert Sanders : de belles promesses, avec une réelle volonté de faire évoluer le conte des frères Grimm vers quelque chose de plus profond, qui n’arrivent pas à être tenues. Si le jeu de Kristen Stewart ne s’avère être ni spécialement bon ni mauvais, il ne parvient pas à combler les lacunes d’un personnage qui ne semble pas avoir été abouti ; plusieurs détails sont pour ainsi dire un peu « poussés » : la rébellion et le courage tellement soudains de la belle ou la ferveur qu’elle fait naître chez ses combattants avec quelques jolies paroles. Certes, vous me direz qu’elle se réveille d’un sommeil qui devait être éternel mais, même au milieu d’un film tiré d’un conte de fée, cette séquence, passez-moi l’expression, ne casse pas trois pâtes à un canard. Enfin, sauf peut-être si le canard en question se trouve être en pleine crise existentielle et voit en la première vierge en robe blanche, hurlant au milieu de la cour d’un château, son nouveau leader spirituel. Or, ces canards-là sont plutôt rares de nos jours.
Sans plus pousser le vice, le reste du casting est très bien choisi (ah, ces merveilleux sept nains !) et nous laisse même apercevoir un large potentiel chez Chris Hemsworth (notre chasseur et ex-"Thor" dans le film éponyme), au fur et à mesure que son rôle évolue.
Au final, « Blanche-Neige et le chasseur » reste un très beau film qui nous laisse passer un très bon moment et nous laisse présager le meilleur quant à l’avenir de son réalisateur. Son seul défaut serait simplement d’avoir parfois fait primer sa beauté visuelle sur le reste… un comble pour Blanche-Neige, non ?
Juliette Kubik
Critique Blanche-Neige et le chasseur : Réagissez à cette critique
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| Sortie le 18/11/2011 |
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