|
|
Une bombe sans éclat.
critique proposée par Sébastien Fournier
529 lectures
|
L’amiral général Aladeen, Leader suprême de la République du Wadiya, se rend à New York afin d’entamer des discussions avec l’ONU. Après s’être fait enlevé et remplacé, il va découvrir une culture bien éloignée de celle de son pays…
Après "Borat" et "Bruno", Sacha Baron Cohen et son compère Larry Charles reviennent, plus provocateurs que jamais ! La première grosse surprise survient d’abord par le changement de forme adopté. Fini la mise en scène réaliste, à la frontière entre le documentaire et la fiction : Exceptées les quelques images d’archives (réelles ou fausses) au début du film, nous avons bien affaire à un long métrage de fiction. Ainsi, le trouble ressenti devant l’ambigüité de certaines séquences de "Borat" a totalement disparu. En somme "The Dictator" s’apparente à une comédie des plus classiques, au scénario linéaire, seconds rôles croustillants et petites apparitions de stars en bonus. Malgré un sujet en or et très d’actualité, le manque d’inspiration se fait cruellement ressentir. A l’image de cette séquence où Aladeen montre sa fausse barbe pour prouver qu’il est bien lui, on peut y voir l’acteur qui, sous la reconversion de style veut montrer qu’il est toujours lui-même…
L’autre déception réside dans le rythme en dent de scie, amenant à un film très inégal. La plupart des gags les plus marquants étant déjà présents dans la bande annonce, ainsi qu’une grosse partie de l’intrigue, le spectateur assiste finalement à très peu de surprises. (Il convient donc d’y aller en ayant vu le moins d’images possibles). Heureusement la dernière demi heure se révèle particulièrement déchainée et compense quelque peu l’ennui après une exposition prometteuses.
Il faut cependant relativiser, si le film est dans l’ensemble une petite déception, il réserve son lot de séquences potaches, de répliques cinglantes et surtout, il n’épargne rien ni personne. L’acteur se joue des plus gros clichés pour en démontrer toute l’absurdité et ne recule devant aucune outrance pour mettre en scène ses propos. Côté dérision, le duo n’a rien perdu de son mordant et s’en donne à cœur joie, de même que le reste du casting. On retiendra quelques séquences d’anthologie, notamment une visite en hélicoptère en tant que touriste et un désopilant accouchement dans une supérette.
L’humour semble plus grand public qu’à l’accoutumé, on a donc le sentiment d’assister à une œuvre potache de plus, et moins à un pamphlet acide et pince sans rire. On se surprend tout de même à de franches rigolades et la bonne humeur générale suffit à faire passer un très bon moment au spectateur.
Sébastien Fournier
Critique The Dictator : Réagissez à cette critique
|