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2011 - Québec - Comédie - 1h43
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El super Masturbator..
critique proposée par Hélène Dautancourt
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Quel plaisir de se retrouver face à une comédie de bonne facture, car oui, « Starbuck » se savoure de long en large et se place sans nul doute dans la catégorie des meilleures films du genre de l'année. Pas étonnant donc qu'il ait déjà reçu cinq prix (dont le Prix du Public au festival de Calgary, et le Prix Spécial du Jury au festival de l'Alpe d'Huez) grâce entre autres, à l'humour québécois qui s'y déploie, savamment orchestré par Martin Petit (fameux humoriste québécois), ami du réalisateur Ken Scott, avec qui il a également écrit le scénario. Au travers d'une pratique quasi tabou, le tandem a voulu montrer l'histoire d'un homme, qui après des dons de sperme, apprend qu'il est le géniteur d'un nombre improbable d'enfants. Aussi insolite que drôle, « Starbuck » est une de ces comédies dont on ne se lasse pas.
Entre 1988 et 1990, David Swoniak (Patrick Huard) a fait don d'une quantité importante de sperme sous le pseudonyme de « Starbuck ». Aujourd'hui, à 42 ans, David reste un éternel adolescent, mais verra sa vie changer singulièrement en apprenant qu'il est le géniteur de 533 enfants, dont 142 d'entre eux veulent connaître son identité. D'abord réticent, il décide ensuite de devenir l'ange gardien de chacun d'entre eux et tente de les aider à réussir leur vie, tout en gardant son anonymat.
Première séquence, première mise en situation : un homme se masturbe dans une pièce prévue à cet effet, devant une panoplie de magazines pornographiques. Cet homme, c'est « Starbuck », fidèle donneur de sperme, dont le surnom provient du taureau canadien Hanoverhill (Starbuck), nec plus ultra des géniteurs du Centre d'Insémination Artificielle du Québec. Aujourd'hui, « Starbuck » fait parti du passé, désormais c'est David Wosniak et sa vie d'adolescent quarantenaire dont il s'agit : livreur dans la boucherie familiale, David est un piètre employé dont l'efficacité professionnelle et privée laissent à désirer (Cf l'histoire des « Chandailles » (les maillots de foot) qu'il oublie toujours pour le match familial, confirme son manque d'organisation et sa maladresse).
Lorsqu'il apprend que son sperme est de « très bonne qualité » et qu'il est le père de plusieurs centaines d'enfants, il se retrouve face à un véritable revirement de situation qui l'amène à changer son mode de vie. Par ailleurs, ces « nouveaux » enfants se construisent clairement sous la forme de clichés (non préjudiciables): footballeur professionnel, jeune droguée, acteur, musicien de rue ou encore homosexuel (ces noms sont d'ailleurs donnés comme tel dans le scénario de base) ; le plus déroutant est sans doute l'handicapé mental, rebutant d'abord David, dont il prendra finalement soin jusqu'à la fin du film (en l'emmenant contempler un coucher de soleil).
D'abord anonyme, « Starbuck » deviendra au cours du film un fait divers international : surnommé « el masturbator », son procès médiatisera sa situation auprès de la population, qui le considère comme un pervers (alors que ses « masturbations » ont permit à ceux qui en avaient l'incapacité, de donner la vie).
A noter aussi que le regard masculin prédomine le film: David Wosniak profite de l’expérience de son entourage pour apprendre à devenir père (sa compagne Valérie (Julie Le Breton) apprend qu'elle est enceinte au même moment) : Son frère Paul (Marc Bélanger) expérimente sa nouvelle vie de père depuis peu et profite de la venue de sa progéniture, tandis que son meilleur ami et avocat lui conseille de ne « jamais se reproduire » (Cf la scène où David le retrouve dans le jardin où il peine à se faire entendre par ses enfants qui sortent de la maison et vont se coucher dans le bac à sable). C'est en flirtant avec le comique de répétition que les situations s'avèrent payantes: son ami avocat veut faire valoir son procès en engageant le problème mental de David à plusieurs reprises: après avoir assisté au match de foot de son premier fils, David fait rebondir un ballon de foot sur sa tête. Un geste que son ami lui conseillera de réitérer, en « disant comme ça» qu'il n'a pas de problème mental devant le jury.
Patrick Huard (David Wosniak) est un homme aux multiples facettes : humoriste, producteur et réalisateur, il est aussi acteur et interprète ici un rôle qui lui scie à merveille. Quarantenaire irresponsable d'abord (son look de teenager avec le t-shirt « Avengers », sa culture de cannabis à domicile, et sa dette de 80 000 dollars), il finit par évoluer grâce à l'annonce de ses 533 enfants, qui vont lui permettre de trouver un sens à sa vie. L'altruiste qui sommeillait déjà en lui auparavant (on suggère que David a payé les vacances à Venise de ses parents grâce à ses dons de spermes) prend alors tout son sens. Tour à tour, Starbuck devient aussi désopilant qu'attachant, et c'est bien la rencontre avec ses enfants et les péripéties qui en découle qui réussissent à amener de bons sentiments à cette comédie tout autant décalée.
Récompensé pour son scénario original, « Starbuck » atteint son but grâce à la touche québécoise et son fameux humour, extravagants et savoureux : une première collaboration prometteuse pour le duo Ken Scott/Martin Petit dont on souhaite quelle fasse d'autres "petits"!
Hélène Dautancourt.
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| Sortie le 18/11/2011 |
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