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Soap-orifique.
critique proposée par Gabriel Carton
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Parodier les soap-operas est un exercice simple et généralement jouissif. Sous un titre réunissant complaisamment « La Clinique de la forêt noire » et « Les Feux de l’amour », « La Clinique de l’amour » est l’œuvre d’un Artus de Penguern qui semble assez peu lucide quant à la qualité de son film. Présenté comme une comédie décomplexée et loufoque, jouant avec les codes bien connus des séries sus-citées, ce film aurait pu offrir un spectacle hilarant s’il s’était autorisé de vrais détournements. Au lieu de cela le film se contente d’aligner les lieux communs du genre, et la rengaine tourne rapidement à court.
La clinique Marchal est un modeste établissement familial dirigé par David Marchal (Michel Aumont), tandis que ses deux fils, John (Artus de Penguern) et Michael (Bruno Salomone), y sont chirurgiens. Depuis quelque temps, rien ne va plus : John, très amoureux de l'infirmière Priscilla (Helena Noguerra) a vu celle-ci épouser Michael qui a ruiné la clinique en transformant celle-ci en établissement de chirurgie esthétique. David Marchal a fait une crise cardiaque qui le maintien alité, à l'article de la mort. Michael, délaissant Priscilla, après seulement quelques semaines de mariage, a pris pour maîtresse Samantha Bitch (Natacha Lindinger) qui nourrit une passion dévorante pour l'argent. Tandis que John lutte jour et nuit pour redresser l'économie de la clinique, Michael n'a de cesse de ruiner ses efforts pour vendre l'établissement familial à un puissant laboratoire pharmaceutique. Qui l'emportera ? Les merveilleux John et Priscilla… Ou les infâmes Michael et Samantha ?
Réunissant un casting de qualité, au sein du quel Natacha Lindinger (Samantha Bitch) et Vernon Dobtcheff (malgré une présence de 2 minutes à l’écran) sortent leur épingle du jeu, « La Clinique de l’amour », se contente de faire rejouer à ses comédiens des gags réchauffés, piochés dans « La Cité de la peur », « Le cœur a ses raisons » (une parodie autrement plus efficace et loufoque) ou « Un Poisson nommé Wanda ». On voit à quel moment on devrait rire, mais le rire ne vient pas, c’est incroyablement long, et incroyablement ennuyeux malgré les bonnes intentions. Il s’agit là d’un film qui souffre d’un mal terrible, celui d’être moins bien écrit que ses 2 minutes de bande annonce. Et ce n’est pas l’avalanche de révélations finales, qui reprend le côté cliffhanger des séries télévisées, qui relèvera le niveau, encore une fois rien ne semble fait pour être drôle.
« La clinique de l’amour » a visiblement été tourné dans la joie et la bonne humeur, reste à espérer pour les acteurs qu’il ait été plus amusant à jouer à qu’à regarder : l’enchainement de gags répétitifs ne provoque qu’une froide indifférence. Le principal problème du film est d’avoir été vendu comme une comédie dans la lignée de « Fool Moon » (Jerôme L’hotsky) ou « Les Dents de la nuit » (Stephen Cafiero et Vincent Lobelle). Au final il s’agit d’un spectacle bon enfant très éloigné de ce que l’on espérait, qui procure une bien fade expérience de l’humour d’Artus de Penguern malgré toute sa bonne volonté : Il ne suffit pas de faire du soap pour parodier le soap.
Gabriel Carton
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