CinEmotions

Después de Lucía

via google rechercher
46 278 films, séries...  675 769 artistes  1 085 030 produits  192 606 affiches & photos
Identifiants oubliés ?
Inscrivez-vous !
Drop Down Menu
Fiche film
Después de Lucía
voir l'affiche

Después de Lucía

Distribution
 4 acteurs et actrices
 15 techniciens
Critiques
 1 critique
Media
 12 photos
 1 affiche
Forum de la fiche

Programme TV
Canal +  Aujourd'hui à 01:55
38 témoins
TMC  Aujourd'hui à 02:40
Perverse Léa - Visages dangereux
Publicité

Después de Lucía

2012 - Mexique/France - Drame - 1h43

A toute épreuve…
critique proposée par Loïc Arnaud
999 lectures

Il y a des films sur lesquelles il est difficile d'avoir un avis tranché, de savoir et dire si on l'a aimé ou si on l'estime réussi, au-delà de ses qualités propres, narratives et esthétiques. Le choc est psychologique avant tout, il bouscule nos habitudes tranquilles de spectateurs, il écorche nos convictions morales et politiques. On subit les faits et gestes des protagonistes, la violence du propos et des images, on a une boule au ventre qui nous serre l'estomac et nous empêche de faire une analyse claire, précise et pertinente du film à l’œuvre, c'est le cœur et les tripes qui parlent, non plus notre tête et ses méninges. On ressort de la séance heurté, démuni, dérangé, révolté… Le premier mérite de ce film est alors de ne pas laisser indifférent et provoquer des émotions fortes et rares, celles-là mêmes qui ont poussés Tim Roth à remettre le prix « Un certain regard » cette année à Cannes, bouleversé qu'il fut par ce film qu'il qualifia de « chef d’œuvre ».

Voilà l'effet que provoque « Despues de Lucia », deuxième long métrage de Michel Franco après « Daniel et Ana » en 2009, film également violent psychologiquement dans lequel un frère et une sœur kidnappée étaient contraints par leurs ravisseurs à un rapport sexuel filmé. Ici le film est moins cru, notamment dans son rapport au corps et au sexe, mais encore plus fort, glaçant et éprouvant.

Parlons maintenant un peu de l’histoire de ce film : la Lucia du titre on ne la verra jamais car elle est morte. C’est un accident de voiture qui a coûté la vie à la mère et qui plonge Roberto, le père, et Alejandra, la fille, dans le deuil. Ils décident de changer de cadre et de vie et s’installent alors à Mexico. Lui est un « chef », et s’apprête à reprendre un nouveau restaurant. Elle est une jolie adolescente qui va intégrer un nouveau lycée. Il y a beaucoup d’affection entre eux mais le poids du deuil est lourd, c'est d'ailleurs la fille qui semble plus forte et qui console le père, mais l’incommunicabilité les gagnent. Alejandra s’entend rapidement bien avec ses nouveaux camarades, le drame va se nouer le temps d’un week-end avec ses nouveaux amis. Ils font partie de la classe bourgeoise locale, et, le temps d'un week-end, entre jacuzzi, joints et alcools, Alejandra va coucher avec un des garçons du groupe, qui va filmer l'acte avec son iPhone. Rapidement la vidéo va se retrouver sur le net et le cauchemar de la jeune femme commencer : de brimades en humiliations de plus en plus violentes, jusqu’au viol (hors-champ), dans un plan séquence insoutenable et étourdissant.

Ce qui rend le film à la fois insoutenable et maitrisé c’est la froideur de son approche en termes de mise en scène, avec ses longs plans fixes et plans séquences, ses cadres au millimètre ; c’est frontal et glacial, on entre lentement et doucement dans la fiction, le temps et la durée des plans forcent les spectateurs à une situation de réflexion permanente, de questionnement sur l’enchainement, la gradation des faits. Malgré quelques pics (la scène du gâteau d’anniversaire par exemple), la violence est sourde, ça agit tout en tension, et la voir ne pas protester, endurer, se mettre en position de martyre nous met dans une position difficile, les nerfs en vrac, ça devient irrespirable, l’estomac se serre et c’est la révolte qui gagne les esprits.

Le deuil se vit ainsi comme un long parcours initiatique d’une violence inouïe. A vouloir être forte, ne pas céder, souffrir en silence, ne pas « encombrer » son père d’un autre fardeau, Alejandra tend au sacrifice, pendant que lui s’enfonce dans la dépression… Le glissement lent et douloureux des faits tend alors vers un processus inexorable, tout sens moral à disparu, elle n’a plus ni repère ni autorité, ses camarades s’enfoncent dans la cruauté et le sadisme, on assiste au supplice, impuissant, de cette victime expiatoire.

Michel Franco n’essaye pas de faire un état des lieux morale d’un pays gangréné par la violence, il n’y pas de questionnement idéologique ou social, d’autres films s’en sont chargés, « Miss Bala » entre autres en début d’année. C’est un film intime, centré sur quelques personnages enfermés dans le cadre. Un film sur le deuil avant tout, la communication évanouie, l’épuisement psychologique, la descente au enfer d’une famille amputée.

La fin de « Después de Lucia » en agacera plus d’un, pour des questions d’ordres morales, mais Franco va ainsi jusqu’au bout du processus, l’acte est « humain » malgré sa saisissante cruauté, intime encore une fois, et ne cherche pas à donner une réponse universelle mais celle singulière d'un homme, seul et ravagé. Prochainement, la Palme d’or : « Amour » de Haneke (cinéaste auquel on pense souvent durant la projection), provoquera les mêmes réactions, une scène suffisant à faire vaciller le rapport morale au film et sont (de)goût envers la résolution finale, gageons que ceux qui aiment le film mexicain aimeront celui du maître autrichien !

Le film a le grand mérite de montrer une violence dans laquelle on peut se reconnaitre, car elle n’est justement pas extraordinaire, pas du fait de psychopathes ou gens démunis, instables, sans repères moraux ; elle est le fait d’ados « bien éduqués », tortionnaires de l’ordinaire en quelque sorte… Et l’ordinaire ici nous laisse sonné pendant un long moment, il est difficile de se remettre d’un tel film et l’analyse elle aussi demande du temps, celui nécessaire à éprouver ce que le cinéma propose de mieux : un moment de cinéma intense et dérangeant, pensé et maitrisé, propre à nous plonger dans le doute et l’effroi, durablement.

Loïc Arnaud.




 

Critique Después de Lucía

: Réagissez à cette critique
vidéos recommandées
Publicité
Publicité
Forums
Forum de After Lucia
Ce forum ne contient aucun sujet actuellement


Autres derniers messages dans les forums
forum Festival de Cannes
Paulinepan | 22/05/13 à 08h33 | 1 msg
forum Bob Asklöf
SITE BOB ASKLOF OFFICIEL
nadjc | 16/05/13 à 11h46 | 1 msg
forum Bob Asklöf
SITE OFFICIEL
nadjc | 16/05/13 à 11h38 | 1 msg
forum Christiane Jean
Christiane jean
patbell | 04/05/13 à 08h14 | 1 msg
forum La Storia
Le film la storia de Luigi Comencini avec Claudia Cardinale , Lambert Wilson
kassoumanse | 27/04/13 à 14h48 | 1 msg
Boutique
  • DVD & Blu-ray
  • DVD & Blu-ray
  • CD & BOF
  • Téléchargement MP3
  • Livres
  • Jeux vidéo
  • Jeux, Jouets & Figurines
  • Affiches & photos



Google



Film X, film porno du mois de Mai sur Canal Plus : Gonzo, mode d'emploi, dans le nuit du Samedi 4 au Dimanche 5 mai à 0h20

© 2004 - 2013 CinEmotions.com (1) - CinEmotions.com est une réalisation de la société Intermédiance Solutions
pub
pub