Critique Mauvais genres
Quel potentiel dilapidé
critique proposée par DrCoulardeau
le 11/07/2008 22:20
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Cela aurait pu être un film intéressant. Il a un fort potentiel. Le sujet d’abord avec la prostitution transsexuelle ou autre. Le problème des enfants dans cette situation. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Que deviennent-ils ? Comment peut-on survivre dans un monde où les repères ordinaires ont été retirés pour n’être remplacés par rien, sinon un vide émotionnel, sentimental, et même pulsionnel. La nature ayant horreur du vide, elle remplit le manque par ce qu’elle peut trouver ici et là. Ces jeunes en deviennent névrotiques ou psychotiques, et le plus souvent exhibitionnistes ou voyeurs, ou bien l’inverse, agressifs, violents et même sadiques. Le film avait là une mine de possibilités et il ne donne que du plat, du circonstanciel, du superficiel. Même le jeu des acteurs n’est pas dominé et contrôlé, en un mot dirigé par le metteur en scène ou réalisateur. De là à dire que ces films produits comme des films avec l’argent du Centre National du Cinéma, alors qu’ils ne sont que des films faits d’abord et avant tout par et pour la télé, ici au moins trois chaînes, sont bâclés parce qu’ils sont rentabilisés par subvention avant même d’exister, il n’y a qu’un pas que je franchis. Ils n’ont pas à se conquérir un public qui devrait être le seul moyen honnête de faire un bénéfice. Et je ne parle pas des limites du média (petit écran, faible définition, pas de vastes mouvements ni de vastes espaces possibles, concentration sur des gros plans de visages, etc.). Je parle ici du scénario mal cousu sinon décousu, du suspense si lâche qu’on ne tient plus rien, des personnages et des situations qui ont une psychologie si fine que l’on se demande même si on a affaire à des êtres humains. De là à dire qu’il est urgent que les subventions directes ou indirectes au cinéma doivent être abandonnées, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement. Un film doit savoir et pouvoir conquérir un public. Le cinéma doit absolument vivre sur le marché du public, car vendre un film est aussi une action commerciale.
Dr Jacques COULARDEAU, Université Paris Dauphine, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne & Université Versailles Saint Quentin en Yvelines
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