Critique La Vie, l'amour, la mort
La peine de mort selon Lelouch : poignant
critique proposée par DavidHainaut
le 22/05/2006 20:43
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Après deux immenses succès, qu’étaient ‘Un homme et une femme’ et ‘Vivre pour Vivre’, Claude Lelouch se détourna un instant du sentimentalisme ambiant pour évoquer la peine de mort. L’ultime sentence, plus que jamais d’actualité en cette année 1968, a encore quelques années devant elle, et Amidou, l’acteur d’origine maghrébine, incarne le condamné (François Toledo). La retranscription, longue et douloureuse, démontrant l’absurdité humaine, s’assimile presqu’à un authentique documentaire. La marque Lelouch est admirablement imprégnée, magistrale, en initiant son film par des images de corrida, ou plus cocasse, filmant dans l’usine où la maîtresse de Toledo, Caroline (Caroline Cellier), fabrique des poupées. Comme conseiller technique, Maître Albert Naud, l’avocat de l’auteur Céline en personne, accepte la collaboration, acceptant même d’apparaître dans le film. Fervent opposant de la peine capitale, à l’instar du réalisateur, il proposera une vision réaliste, plus qu’une inutile caricature propagandiste. L’histoire s’inspire de fait réels, soit d’un impuissant qui venge son mal par l’adultère et le meurtre de prostituées. Nul ne sait si la vision de Claude Lelouch apporta une pierre à l’édifice dans l’abolition de la peine en France, mais son résultat glace le sang et retournerait la veste du plus pourfendeur de cette barbarie (in)humaine. Une fiction peut-être encore plus poignante que ‘Deux hommes dans la ville’, réalisé quatre ans plus tard, même s’il ne bénéficie bien sûr pas de son casting…
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