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Critique Le Président
Le tigre
critique proposée par JIPI
le 05/09/2006 10:36
106 lectures
Georges Clemenceau voyage incognito dans le personnage d’Emile Beaufort (Jean Gabin) un jarret offert à un pays de prestige que cet homme déterminé adore comme une maîtresse au détriment de sa composante principale, le peuple ignoré et incorporé dans un seul terme, la France.
Les penseurs politiciens évoluent en interne entre alliances et trahisons. L’arrivisme de l’environnement est bien ancré. Les thèmes conducteurs sont éternels mais semblent ici datés dans des conflits offrant aux différentes têtes de série la possibilité d’effectuer des numéros d’acteurs proportionnés à leurs envergures.
Toutes les composantes de la société sont classifiées selon leurs éloquences verbales. Le schéma est cruel et sélectif.
En verve en partant du haut le relationnel se raréfie à fur et à mesure de la descente vers le bas, les serviteurs bien souvent en uniformes sont considérés comme de simples exécutants, les paroles ne sont que procédures.
Chalamon (Bernard Blier) politicien est arriviste et sournois, un adjectif de plus associé à un terme non péjoratif si son emploi est maîtrisé : Ambition.
Milleran (Renée Faure) secrétaire soumise est constamment sur le qui vive afin de conserver un semblant de personnalité en évitant un basculement définitif dans une tyrannie prête à éclore.
François (Alfred Adam) serviteur modèle est intéressé par le décès programmé de Beaufort.
La jeune petite bonne du domaine est montrée comme sommaire et catin.
Tous les personnages plus ou moins négatifs gravitent autour d’un Beaufort puissant, prédicateur et dénonciateur d’un monde politique corrompu.
La totalité lui semble subordonnée, la récupération du spectateur est visible. Il faut montrer la puissance d’un seul homme. Le nom Beaufort est un aveu du concept (Beau, Fort).
En 1961 année de tournage du film, le paysage politique obéit à une logique emblématique basée sur la personnalité d’un dominant dont la fonction est de capter l’intérêt général.
Ce courant vieillot unique de pensée englobant la masse dans une seule définition (Les français se nomment France) annonce une refonte embusquée : Mai 68 ou un éclatement va s’opérer, la pensée collective va broyer la pensée d’un seul homme.
Le style cinématographique de cette époque est évident, une dominance unique déversé par un homme sur de lui entouré de courtisans dont les avis demandés sont pris en compte dans une dépendance invisible.
Beaufort est une image socratique, un homme impose ses idées par l’intermédiaire de son environnement.
Le président est un bon divertissement à ne considérer que comme des images d’un temps de dépendance.
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