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Sortie le 28/05/2012

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L'Edito de la rédaction du 22 Février 2012




Editorial du 22 février 2012



Steven S : Ne t'arrête pas si tu peux!

Cette semaine est l'occasion pour nous de consacrer notre éditorial à l'une des personnalités les plus marquantes du septième art. Membre du nouvel Hollywood, réalisateur du premier Blockbuster de l'histoire du cinéma, grand cinéaste prolifique ayant su faire rêver, marquer et émouvoir des générations de spectateurs et cinéphiles, il est également (re)connu pour ses nombreuses productions cinématographiques. Vous l'aurez deviné, il s'agit de l'illustre Steven Spielberg!

Je vais ainsi vous mettre au défi lecteurs et lectrices de Cinémotions, (et je pense remporter la manche haut la main !) : Vous avez sans aucun doute visionné une œuvre suivie de près ou de loin par Steven Spielberg. Si l'un(e) d'entre vous n'a JAMAIS visionné un film produit ou réalisé par le cinéaste américain, qu'il (elle) se manifeste! Si tel est le cas (et j'ai de gros doutes sur le sujet), je serais ravi d'offrir l'un de mes DVD à cette personne (dans la limite de mes stocks indisponibles…)...

Pour ceux ou celles qui l'ignorent :

Steven Splieberg naît à Cincinnati dans l'Ohio et se passionne dès son plus jeune âge pour le cinéma. Ses résultats scolaires ne lui permettent pas d'intégrer les écoles de cinéma, il décide donc de suivre des cours d'art dramatique à Phoenix dans l'école d'Arcadia. C'est en 1959, à l'âge de 12 ans, qu'il tourne son premier film ( The Last Gun ), un western de 4 minutes, qu'il réalise en autodidacte (et en 8mm) avec la caméra de son père. Quelques temps plus tard il tourne le film Amblin' en co-réalisation avec Allen Daviau (futur chef opérateur de E.T) et remporte plusieurs prix, qui lui permettront de décrocher un contrat de sept ans avec les studios Universal. Ce film annonce le début d'une longue carrière cinématographique et donnera un nom à sa future maison de production. Il sera ensuite remarqué chez Universal par ses compétences techniques, il dirige à l'époque Joan Crawford dans un épisode de la série fantastique Night Gallery de Rod Serling, intitulé "The Eyes". Sa réputation se forge peu à peu via son téléfilm à budget minimal et au tournage de courte durée (12 jours) : Duel , devenu culte pour beaucoup de cinéphiles et cinéphages. Il remporte le Grand Prix du Festival international du film fantastique d'Avoriaz et sort en version longue dans les salles de cinéma.

Mon souhait d'écrire sur ce cinéaste se résume par le simple fait que c'est l'un des seuls que j'ai pu continuer à apprécier à ce point au fil du temps (à l'instar de Scorsese). Comme beaucoup de personnes qui ont vu le jour dans les années 80, Il me colle à la peau depuis mon plus jeune âge, m'a fasciné pendant ma période d'adolescence et jusqu'à l'arrivée de ma cinéphilie. Jamais je n'ai été à ce point pénétré par des images et marqué par des personnages de cinéma. La raison est d'une simplicité enfantine. Son cinéma m'a semblé, pendant mon parcours, avoir subit des changements de cap en analogie avec trois évènements distincts (dates qui symbolisent des mutations radicales dans ma conception du cinéma).

Le premier est sans aucun doute la séparation de ses parents (Leah et Arnold) en 1964, qui l'amène à évoquer, au travers de ses fictions, la recherche d'une enfance heureuse qui se confronte à l'incompréhension chronique des adultes. En découlent un ensemble de réalisations et productions qui font de Spielberg le porte étendard de l'enfance et du surnaturel non horrifique des années 70-80 : La magie des faisceaux lumineux et du "Lens Flare", E.T. l'extraterrestre (E.T. the extra-terrestrial) - Poltergeist de Tobe Hooper, un épisode de La Quatrième dimension (Twilight Zone: The Movie) - Les Goonies (The Goonies) de Richard Donner, Gremlins de Joe Dante - Hook ou la revanche du Capitaine Crochet (Hook) - L'Aventure intérieure (Innerspace) de Joe Dante - les séries des Indiana Jones et des Jurassic Park (Jurassic Park) Mes VHS finissaient par refuser d'entrer dans le magnétoscope à force d'être avalées, rembobinées et maltraitées par ce dernier. Spielberg synthétise et représente à mes yeux la quintessence de ce qu'est l'effet madeleine de Proust au cinéma (suis-je le seul?). Et ce même si certains de ses films (productions ou réalisations) devraient continuer à flotter dans les méandres d'une mémoire altérée par le temps… Ma déception fût de taille lorsque j'ai tenté d'en re-visionner quelques uns… . Je pense notamment à "Hook", à sa féérie dégoulinante, ses décors et ses costumes en carton qui tendent vers le kitsch.

Dans un second temps c'est la période "Spielbergienne" placée sous le signe de la seconde guerre mondiale et de la Shoah. A cette époque je suis au collège, je commence à étudier l'histoire et à prendre conscience que les Bicross et les skateboards ne sont plus aussi "tendance" qu'avant… Jeune préadolescent, boutonneux et "Geek" que j'étais, je passais mon temps à fusiller du "boche" en incarnant le lieutenant Mike Powell dans la saga "Medal of Honor" sur PC… C'est en toute logique que les œuvres de Spielberg de la fin des années 90 m'accompagnaient (j'avais malheureusement manqué ses deux réalisations de la fin des années 80 : La Couleur pourpre (The Color Purple) - Empire du Soleil (Empire of the Sun) ). Le cinéaste réalise avec panache la séquence de débarquement sur Omaha Beach la plus perturbante et la plus réaliste du cinéma (rendu en hommage dans le jeu vidéo ci-dessus cité) avec son film Il faut sauver le soldat Ryan (Saving Private Ryan) D'origine juive, il met en place la "Shoah Foundation Institute for Visual History and Education", dont l'objectif est de récolter des témoignages de tous les survivants de la Shoah, puis de les diffuser aux futurs générations afin de participer à un certain devoir de mémoire. Ayant trouvé sa place dans le top 100 de "l'American Film Institute", La Liste de Schindler (Schindler's List) inspiré du roman éponyme de Thomas Keneally sur Oskar Schindler, reste son film de prédilection ainsi que l'une de ses œuvres les plus intimistes (et son seul drame historique).

Un troisième évènement vient amorcer un revirement spectaculaire dans sa filmographie et annonce une série d'œuvres moins portées sur l'émerveillement : le 11 septembre 2001. Outre les répercussions  historiques, politiques et médiatiques que provoque cette catastrophe, les retombées sur la production cinématographique américaine des années 2000 sont conséquentes. Je m'apprête à faire mon entrée au lycée lorsque le cinéaste adapte une nouvelle de Philip K. Dick et collabore pour la première fois avec Tom Cruise, le projet accouche d'un de ses meilleurs films : Minority Report un métissage entre la fable politique, le film d'anticipation, le thriller et le "whodunit". La scène de révélation finale (c'est en enfilant son masque que le tueur est démasqué!) traçait les premiers traits d'une esquisse, celle de ma cinéphilie naissante… Après un petit détour par la comédie dramatique ( Arrête-moi si tu peux (Catch me if you can) 2002, Le Terminal (The Terminal) 2004 ), La Guerre des mondes (The War of the Worlds) envahit les salles obscures et dépeint les visions apocalyptiques les plus poignantes vues sur le grand écran (la sublime séquence de la pluie de vêtement des corps pulvérisés!). Ce film est la parabole la plus explicite de toute sa filmographie sur les attentats du 11 septembre.

Aujourd'hui étudiant en cinéma et cinéphile, quelques unes des productions (l'émouvant Super 8 de J.J Abrams, le diptyque Mémoires de nos pères (Flags of Our Fathers) - Lettres d'Iwo Jima (Letters from Iwo Jima) de Clint Eastwood) et réalisations "Spielbergiennes" se rangent dans ma filmothèque (et sans gêne!) aux côtés de celles de Cassavetes, Pakula, Renoir, Van Sant, Lynch, Gray, Skolimowski, Bong Joon-Ho, Akira Kurosawa… Avide de découvertes et d'expérimentations formelles, le numérique semble devenir le nouveau jouet de l'enfant Steven. Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (The Adventures of Tintin: Secret of the Unicorn) dernier film du cinéaste sur lequel j'ai posée les yeux, est un véritable objet théorique concernant les rapports entre cinéma d'animation et cinéma en PVR (prises de vues réelles). Il est d'ailleurs le dernier long métrage monté sur table, le travail de montage sur ses prochains films s'effectuera par "AVID" (ils seront donc conçus en "tout numérique"). Lors de son passage à la cinémathèque française le 9 janvier 2012, Steven Spielberg avoue être touché par la névrose des grands cinéastes prolifiques, à l'instar de John Ford ou d'Howard Hawks, à savoir d'être dans l'incapacité de rester en place lors des périodes d'inactivités. L'enfant sauvage Spielberg n'a donc pas encore rendu les armes! Il nous reste donc à espérer que sa future filmographie soit dans la continuité de son "œuvre" , le Cheval de guerre (War Horse) nous permettra de savoir si Steven est toujours en scelle!

Krause Thibault


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Titre de films : A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9

Personnalités : A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9


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