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Narco
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Entretien avec Alain Attal pour 'Narco'
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Comment s’est déroulée votre collaboration avec Tristan & Gilles ?
Nous leur avons proposé un scénario que nous avions développé en interne, Philippe Lefebvre et moi. Gilles a rebondi sur notre idée et l’a développée à sa manière, notamment grâce à son talent de dialoguiste. Dès la première version du scénario, j’ai marché. Le film dont ils me parlaient était ce que j’imaginais au départ. Nous étions sur la même longueur d’ondes. Le travail d’écriture a ensuite été très dense, il s’est étalé sur deux ans. Ils ne sont jamais tombés dans les travers des réalisateurs de clips et de pubs qui sont trop préoccupés par l’esthétisme au détriment de l’histoire quand ils passent au cinéma. Nous avons beaucoup discuté ensemble de la scénographie et de l’évolution des personnages.
Le film est bourré d’effets spéciaux. N’était-ce pas trop lourd à produire ?
Certaines séquences nécessitaient des effets spéciaux qui étaient trop coûteux, du coup Tristan et Gilles devaient trouver des idées de mise en scène pour contourner cet écueil. Je pense notamment à plusieurs séquences où les décors se chevauchent. Il y a une série de plans très courts où Gustave Klopp se fait virer de plusieurs boulots, le dernier plan des employeurs a été tourné dans le décor de la chambre à coucher de Pam et Gus où l’action est censée se poursuivre. Il suffisait simplement de fermer une porte, nous avions un effet qui ne coûte rien. Ils ont eu ainsi six ou sept idées d’effets spéciaux «live» et donc gratos. Tristan et Gilles ont, plus généralement, fait preuve d’une grande inventivité. Ils l’ont mise au service de leur film.
Étiez-vous présent sur le tournage ?
C’est important pour moi d’être là. D’autant plus que mes productions sont faites en flux tendu. Il faut savoir être cohérent au niveau des dépenses, surtout pour un film comme Narco (2004) où le budget peut facilement s’envoler.
Et au montage ?
J’étais surtout là au cours des cinq dernières semaines. J’ai aidé à ôter le superflu.
Le premier long métrage des Productions du Trésor était Mon Idole (prêts à tout pour réussir ?) (2002) de Guillaume Canet, qui s’avère assez proche de Narco (2004). Existe-t-il donc un ton propre aux Productions du Trésor ?
Oui. J’aimerais qu’il y ait une cohérence dans nos projets.
Nous essayons de créer des films qui puissent puiser, humblement, dans des références passées, incontournables.
Mais ces films passent dans un mixeur ultramoderne, une manière de fabriquer ingénieuse, des réalisateurs décomplexés qui tentent des choses inattendues, un ton nouveau. Guillaume Canet est de ceux-là. Tristan et Gilles aussi.
Envisagez-vous votre rôle de producteur comme coordinateur ou financier ?
Le producteur n’est pas un simple financier. Il est le garant de la dépense, mais il doit pouvoir se mettre au service de l’artiste. Pour ma part, je fais en sorte que le processus artistique soit cohérent, même si je n’interviens pas à ce niveau. Je pose les bonnes questions et je balaye le chemin pour que les artistes puissent marcher proprement.
Entretien avec Alain Attal
(extraits du dossier de presse du film)
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