Je pense que Guillaume Canet a écrit le film d‘une génération, et même d’une époque. C’est un film qui parle de nous, de vous. C’est un miroir, comme le font les grands artistes. Je joue l’aîné de la bande. Le mec qui, par sa situation sociale peut offrir des vacances à l’oeil aux autres. Il sait qu’on profite un peu de lui, mais ça lui va parce qu’il se sent utile. Je suis particulièrement fier d’être dans le premier film que Guillaume ait écrit seul. Ne le dis à personne (2005) était l’adaptation d’un roman policier. Il aurait pu en faire un simple divertissement. Mais à l’arrivée, c’était un peu plus que ça. Presque un film d’auteur déjà. Avec Les Petits mouchoirs (2009) , on peut parler d’oeuvre à part entière. Et quand de surcroit tu admires et tu estimes pour ne pas dire que tu aimes le mec – et l’auteur - tu n’as qu’une envie : donner le meilleur. Il a écrit un scénario d’une richesse infinie. Dans le fond, tous les rôles sont des premiers rôles. Au montage, il avait suffisamment de matière pour faire un film entier sur chacun des personnages !
LE GRAND FRÈRE INTOLÉRANT
J’ai quinze ans de plus que tous les autres dans la bande. Qui pour beaucoup sont des ados attardés ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est mon personnage qui le pense. Je suis le grand frère, mais aussi pour les mauvais côtés : mon intolérance notamment. Il pourrait être imbuvable ce type. Mais il a droit à toute la tendresse de Guillaume, sa bienveillance, pour le sauver. Il ne le juge pas. Il n’y a aucun cynisme dans le regard de Guillaume Canet sur ses semblables. Je trouve que c’est un trait d’identité majeur, dans un monde où la dérision et la raillerie sont devenues la seconde nature de beaucoup de gens et pas seulement des humoristes.
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