CinEmotions : Cinéma, Séries TV & DVD
Identifiants oubliés ? Inscrivez-vous !
via
 44 024 films, séries...  645 335 artistes  1 099 687 produits   171 116 affiches & photos
Drop Down Menu
Menu fiche
Cortex
voir l'affiche

Cortex

Distribution
 22 acteurs et actrices
 27 techniciens
Critiques
 2 critiques
Interviews
 3 interviews
Media
 26 photos
 3 affiches
 1 vidéo  Nouveau format
Forum de la fiche
Boutique

Vidéos
1. Divers

Programme TV
Canal +  Mercredi - 08:30
Max contre les forces du Mal
TMC  Mercredi - 10:00
Le Secret d'une soeur
Canal +  Mercredi - 10:25
Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre
M6  Mercredi - 13:45
Romance en terres sauvages
RTL9  Mercredi - 13:50
Le Maître du temps
TF1  Mercredi - 13:55
Julie Lescaut : La mort de Jeanne
Canal +  Mercredi - 14:00
Dernier étage gauche gauche
Gulli  Mercredi - 14:30
Mon Frère ce héros
France 3  Mercredi - 15:00
Maigret à l'école
RTL9  Mercredi - 15:25
Air Bud III : World Pup
TF1  Mercredi - 15:35
Moi à ton âge !
M6  Mercredi - 15:40
Les Cheetah Girls 2
Canal +  Mercredi - 16:30
Les Aventures de Philibert, Capitaine Puceau
TF1  Mercredi - 17:20
Grey's Anatomy - 3.01 : Avec le temps
France 4  Mercredi - 20:35
Direct Contact
RTL9  Mercredi - 20:40
FBI Fausses Blondes Infiltrées
NT1  Mercredi - 20:45
Panique !
Gulli  Mercredi - 20:45
Roxy Hunter and the Mystery of the Moody Ghost
TF1  Mercredi - 20:50
Les Experts - 10.14/23 : Tirer sa révérence
France 2  Mercredi - 20:50
Emma
Entretiens Retour aux entretiens
Cortex
Interview André Dussollier à propos de 'Cortex'
265 lectures

Pourquoi avoir accepté Cortex (2007) ?
Parce que j’ai adoré Le Convoyeur que j’avais découvert au festival du film policier de Cognac. Et j’ai retrouvé cette sorte de construction un peu similaire à la lecture du scénario de Cortex (2007), avec notamment un personnage principal qui ne parle pas beaucoup. Paradoxalement, je trouve que le cinéma le plus parlant est celui qui est le plus économe des mots. J’ai donc été frappé par ce plaisir que Nicolas avait de raconter une histoire de cette manière, assez proche finalement du cinéma anglo-saxon. J’aimais beaucoup aussi l’idée d’aborder le thème de la maladie d’Alzheimer dans le cadre d’un thriller en mixant la réalité d’une souffrance humaine à un film de genre. Je me disais que nous pourrions retrouver la veine du Convoyeur doublée d’un enjeu très humain qui, visiblement, taraudait Nicolas.

Comment avez-vous abordé votre rôle ?
J’ai ressenti évidemment une forme d’excitation à jouer un personnage atteint par une maladie qui est, encore aujourd’hui, assez mal définie. Surtout que chaque personne atteinte par Alzheimer réagit différemment suivant sa personnalité et les degrés de son affection. Il y avait donc pour moi un défi à jouer un personnage atteint d’une maladie qui n’est pas bien claire. Et, en même temps, je n’avais pas envie d’être «faux». J’avais une certaine forme de pudeur à aborder cette maladie par le jeu.

Comment Nicolas Boukhrief dirige-t-il ses acteurs ?
J’aime bien cette espèce de force et de détermination qui se dégage de Nicolas et cette humanité qu’il arrive à faire ressentir. Il y a chez lui quelque chose de très tendre et en même temps... de dur ! Avant le tournage je l’ai connu déterminé, construit et solide. Mais dès le premier jour sur le plateau, il a dévoilé un aspect extrêmement sensible de sa personnalité. Et c’est rare de retrouver tout ça chez un même individu. J’avoue même avoir été un peu anxieux au départ. Je pensais avoir affaire à un réalisateur à qui il serait difficile de faire des propositions et qui voudrait qu’on se mette dans le moule précis de ses idées. En fait, il nous laissait beaucoup de liberté et n’hésitait pas à se remettre en question. Il était sans cesse à l’écoute, jour après jour. Il est capable de regarder la même scène ou le comportement d’un personnage sous différents angles. Il a une idée très précise de sa mise en scène qu’on ne peut pas forcément deviner à la lecture du scénario.

Pour construire votre rôle, avez-vous fréquenté des gens atteints par la maladie d’Alzheimer ?
J’en ai rencontré quelques-uns avant le tournage. Mais j’ai surtout longuement écouté le témoignage d’une connaissance dont la mère est atteinte par cette maladie. Il m’a livré beaucoup de détails sur l’évolution, au quotidien, de la maladie. Sur ces personnes qui ont des éclairs de lucidité et qui, à d’autres moments, sont complètement «ailleurs». J’ai pris des notes que j’ai données à Nicolas. Et il les a intégrées dans le script. Pour essayer de comprendre la maladie d’Alzheimer, on m’avait fait un schéma : la mémoire y était représentée par une toile avec des trous sans connexion possible de l’un à l’autre. Et c’est ce que j’ai voulu retranscrire dans mon rôle. Un rôle qui offrait des aspects inattendus et incertains avec des moments où le personnage ne s’appartient plus. Sur le tournage, Nicolas expliquait que le film devait donner une impression «hypnotique». Comme si le spectateur planait en même temps que les personnages. Généralement, on a pitié des malades, mais en même temps, on ne peut pas vraiment les plaindre puisqu’ils ne sont pas réellement conscients de leurs troubles. Ils sont donc à la fois dans la souffrance et à la fois pas du tout. Quand j’ai lu le scénario la première fois, je dois avouer que j’aurais voulu en savoir plus sur les différents aspects de la maladie, mais j’ai vite compris que ce n’était pas la volonté première de Nicolas puisqu’il voulait faire un film de «sensations».

Vous avez perdu près de 20 kilos pour le film, c’était une volonté du metteur en scène ?
Non, ça vient de moi ! J’ai même peut-être été un peu loin d’ailleurs ! (rires). Ce n’était pas du tout pour accentuer l’aspect maladif du personnage, mais je pensais que ça pouvait le rendre un peu plus vulnérable et solitaire, même si ce n’est pas là-dessus que ça allait se jouer. Et, pour tout dire, le fait de maigrir m’a permis de me retrouver au plus proche de mon poids idéal, car j’avais des tendances à me laisser aller. Pour perdre tous ces kilos, j’ai donc fait appel à une nutritionniste formidable, très franche et très directe, qui m’a suivi dans ma cure. Et on a attaqué fort : un pamplemousse le matin, deux oeufs durs à midi, deux oeufs durs le soir et deux litres et demi d’eau. La première semaine, j’ai perdu cinq kilos et demi ! Et la semaine suivante, je suis passé au poisson/haricots verts... Je voyais ensuite la nutritionniste une fois par semaine pour qu’elle prenne systématiquement mes mensurations et continue de me conseiller sur mon alimentation. C’était un vrai travail en commun ! D’autant plus qu’elle n’hésitait pas à hausser la voix si je ne suivais pas le régime comme il faut. J’ai donc perdu une dizaine de kilos le premier mois, puis la même chose le mois et demi d’après.

C’est la première fois dans votre carrière que vous jouez dans un film où vous êtes quasiment de tous les plans ?
Presque trop, je le craignais ! Je disais souvent à Nicolas : «Passe un peu la caméra sur les autres !». Parce qu’on met aussi en valeur le caractère du personnage principal grâce au reste du casting. Et en plus il y a beaucoup de rôles : des malades, des médecins, des infirmières, etc... joués par autant de comédiens formidables. J’avais donc la crainte que les personnalités de chacun ne soient pas assez développées et que le spectateur accroche sur certains rôles au point de vouloir les voir plus souvent. Mais j’ai été complètement rassuré du «dosage» quand j‘ai découvert quelques séquences à la post-synchronisation.

Est ce que ce n’est pas une forme de catharsis pour un acteur de jouer un personnage atteint d’Alzheimer ? Avez-vous peur de cette maladie ?
C’est vrai que c’est une maladie terrible. J’ai pensé à François Périer qui en avait été atteint. La mémoire est tout de même l’outil le plus immédiat employé par un acteur. Mais je n’ai pas cette angoisse-là parce que je sais que c’est quelque chose qu’on ne maîtrise pas. En plus, nous acteurs, avons plusieurs sources mémorielles. Quand on a à apprendre quelque chose et à le restituer - surtout au théâtre - on utilise l’espace, des sensations, des mouvements, des gestes qui sont tous balisés, comme des sortes d’assises dans le corps, des choses qui s’inscrivent en nous. Donc nous ne sommes pas uniquement sur les mots ! Le texte est enrobé ou habillé avec des tas de contextes différents, de lieux, d’endroits, de respirations, de moments, et aussi de sentiments. Du coup la mémoire n’est pas «sèche», elle est démultipliée... Mais pour Cortex (2007) , je ne me suis jamais dit que j’allais vivre cette maladie par le biais de la fiction. Il m’est arrivé dans ma vie d’acteur de frôler des sujets proches de ma vie quotidienne, ou d’autres que je n’aurais voulu vivre que par le biais du théâtre ou du cinéma. Mais là, non, je n’y ai pas pensé.

Comme vous n’avez pas beaucoup de dialogues, vous faites passer beaucoup d’émotion par votre gestuelle ou vos regards. Comment avez-vous appréhendé cette façon de jouer ?
Ça me rappelle l’anecdote d’un spectateur qui était venu féliciter Lucien Guitry, le père de Sacha, après une représentation théâtrale. Il ne tarissait pas d’éloges sur l’auteur de la pièce, son écriture, ses «silences». Et Lucien Guitry lui a répondu : «Ah, non, là par contre, ces silences, ils sont de moi !». Pour moi, le silence est le domaine idéal où l’acteur - et le cinéma est un formidable terrain de jeu pour ça - a la possibilité de faire ressentir de l’émotion entre les mots. J’aime beaucoup ça. Dans le cinéma anglo-saxon, qui est moins habitué à exprimer les sentiments des personnages par la parole, on trouve beaucoup de ces silences. Même si je joue dans des films très dialogués, j’aime ménager des moments où l’on ne sait pas ce qu’il va se passer. Où le spectateur est tendu par les silences des personnages. D’ailleurs, si vous voulez avoir un ascendant sur un auditoire, vous l’obtiendrez plus facilement en ne disant rien que par un éclat de voix. Les silences peuvent donc aspirer les regards du spectateur vers les non-dits et le mystère, vers une zone qui n’est pas écrite. C’est ce que j’ai essayé de faire dans Cortex (2007) . Tout comme Albert Dupontel dans Le Convoyeur d’ailleurs.

Nicolas Boukhrief vous a choisi parce qu’à l’époque où il était journaliste au magazine Starfix, il vous aimait beaucoup dans les films de Resnais.
C’est drôle parce que Resnais que je connais bien et qui est un très gros consommateur de films, a adoré Le Convoyeur !

Parmi les acteurs de Cortex (2007) , il y a Marthe Keller avec qui vous aviez joué dans Toute une vie de Claude Lelouch au début de votre carrière. Comment se sont passés vos retrouvailles ?
Ça nous a évidemment fait plaisir ! Et nous avons tout de suite retrouvé une grande complicité. Elle a adoré jouer ce côté «borderline» qu’elle crée aussi à sa manière : presque toujours en souriant et en ayant ce regard proche de l’enfance. Je trouve qu’elle donne une sorte de grandeur par rapport à la maladie et à ce qui se passe autour d’elle. Mais il y a aussi beaucoup d’autres acteurs dans Cortex (2007) qui ont un point commun dans leur jeu : cette sorte d’innocence qu’a la plupart des malades atteints par Alzheimer. Comme un retour à l’enfance que l’on découvre à travers certaines expressions de leurs visages. On avait d’ailleurs tous, je pense, un certain plaisir à frôler ces zones où l’on retrouve un comportement candide. Quand, par exemple, Aurore Clément me balance un quignon de pain en me disant «bonjour !» dans le film, et bien c’est une manière de se comporter qui est effectivement proche de l’enfance. Idem pour Gilles Gaston-Dreyfuss, Elisabeth Maccoco, Olivier Lejeune ou Philippe Laudenbach qui jouent d’autres résidents dans le film. Ils étaient visiblement contents de mettre à jour leurs petits jardins secrets et de revenir à un comportement enfantin.

Justement, ne pensez-vous pas que les acteurs de votre génération sont restés plus “mômes” dans l’âme que les jeunes acteurs d’aujourd’hui ?
C’est vrai que pour nous l’enfance était avant tout le domaine du rêve. Alors que - vraisemblablement - les jeunes comédiens d’aujourd’hui sont immédiatement portés sur le monde extérieur. Je sais qu’en ce qui me concerne, pendant une époque, le rêve et la vie en solitaire étaient des domaines exacerbés. Je n’avais pas à portée de main le cinéma, la télévision ou le théâtre. J’étais donc obligé, dans mon enfance d’avoir une rêverie personnelle pour échapper à une réalité qui était pesante. C’était une soupape nécessaire à mon existence. La réalité des adultes m’était très difficile à vivre, à cause de leurs manières d’enseigner ou de se comporter. Ce monde du rêve, je l’ai gardé très longtemps, et il m’a même été préjudiciable quand j’ai débarqué dans le monde réel. Et je continue d’ailleurs d’être un peu en décalage avec la réalité. Un peu comme les personnages de Cortex (2007) !

Entretien avec André Dussollier
Extrait tiré du dossier de presse

   


Nouvelles fiches films & séries : Le Maître du temps - Romance en terres sauvages - Emma - Miss Marple : L'heure zéro - Les Hommes-grenouilles - La Légende de Gatorface - The Gundown - Bunohan - Combat à mort - Fight Games - 3 Desperate Men - Otages en péril - Crackerjack - Cracker Jack - Battle Warrior - Mon Ami Sam - Romy - Life's a Beach - Le Ranch maudit - Si tu t'en vas - Fou d'amour - Trafics - The Dictator - Nos Chers voisins - Injustice - Passions d'adolescence - La Vérité sur mon passé

Google

Titre de films : A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9

Personnalités : A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9


© 2004 - 2012 CinEmotions.com (2) CinEmotions.com est une réalisation de la société Intermédiance Solutions