LE FILM EST RICHE EN SITUATIONS ROCAMBOLESQUES, C’EST CE QUI VOUS PLAÎT DANS LA COMEDIE ?
En voyant le film, on retrouve toutes les bonnes raisons pour lesquelles j’ai aimé ce scénario. Rebondissements, quiproquos, retournements de situations, il y a tous les ressorts qui font les grandes comédies universelles. Et aussi, et c’est important, l’histoire est empreinte d’une grande humanité. C’est un film généreux, dans la forme et dans le fond. Même lorsqu’ils sont confrontés à des situations terribles, les personnages agissent avec un fond de bonté. Les bonnes comédies fonctionnent d’autant mieux si elles s’ancrent au départ sur des situations plutôt compliquées. Louis tente de se suicider, et Antoine, mon personnage, s’englue à vouloir faire le bien, à vouloir le sauver… Puis la tendresse s’installe. C’est par le rire que l’on touche, que l’on va au plus vrai, le spectateur peut s’identifier, il devient complice. Comme dans les comédies de Marivaux, la cruauté n’empêche pas la drôlerie.
ANTOINE EST ATTACHANT PAR SON DESIR A VOULOIR AIDER TOUT LE MONDE.
Et il se prend les pieds dans le tapis de sa bonne volonté. Il est trop encombré de lui-même pour pouvoir aider réellement les autres. Je ne vois pas d’équivalent à ce genre de personnage dans les comédies qui se sont faites dernièrement. Antoine est un homme qui a le coeur gros comme ça ! Il est attachant avec sa manie de se mettre tout le temps dans l’embarras, de dire oui, alors qu’il allait dire non. C’est infernal. A partir de là, il place tout le monde, et lui-même, dans des situations impossibles et cocasses. C’est l’histoire de gens qui, à force de se rendre service, se compliquent la vie et s’en veulent. Dès le début, alors qu’Antoine vient de couper la corde, il se fait engueuler par Louis qui voulait vraiment en finir.
ANTOINE TROUVE AUSSI SON BONHEUR DANS CETTE HISTOIRE.
En recueillant Louis, Antoine lui rend service au détriment même de sa vie sentimentale avec Christine, et en même temps, ça l’arrange. Il n’a plus très envie de se retrouver avec cette femme avec qui il vit. Les personnages ne sont pas entièrement ce qu’ils montrent, c’est ce qui fait la richesse et la drôlerie du film. Antoine sauve Louis, mais il y retrouve son compte. L’amitié, c’est aussi l’intérêt de chacun bien compris !
ET ANTOINE TOMBE AMOUREUX DE BLANCHE, LE GRAND AMOUR DE LOUIS !
J’aime bien l’idée de ces Roméo qui escaladent les balcons… Les personnages sont de grands amoureux ! Antoine aime Blanche, qui est quand même la femme pour laquelle Louis a voulu se tuer ! En même temps, ça lui coûte de faire ça à son ami. Il le dit, "Je ne l’ai pas cherché, je ne l’ai pas fait exprès, c’est arrivé comme ça." Et face à la douleur de Louis, Antoine est prêt à rompre avec Blanche.
BEAU GESTE !
L’histoire est imparable parce qu’elle est vraie. Il n’y a rien de faux, juste un peu d’extravagance, car les situations dans lesquelles Antoine se met sont pour le moins incommodes…
LE REGISTRE DU TRAGI-COMIQUE EXIGE UNE GRANDE SUBTILITE.
Oui, mais quand le scénario est bien écrit, quand le réalisateur et ses comédiens vont dans la même direction, c’est du bonheur. Le film va jusqu’au burlesque avec la scène de l’audition au restaurant, c’est du Laurel et Hardy ! Pour Pierre Salvadori, le rire est une émotion. Comme la tristesse, ou l’amour, le rire part du coeur. C’est avec le rire que Pierre nous amène à l’humanité et à l’émotion. Grâce à cette délicatesse-là, j’ai pu aller à fond dans le sentiment, donc dans le rire qu’il pouvait susciter. Pierre Salvadori est incroyable quand il dirige ses acteurs derrière la caméra, il ne montre pas la situation, il ne la mime pas, il la vit. Il est ses personnages. Il est touché dans leur vécu. Pierre laisse la vie entrer dans chacun des plans, c’est notre liberté. Cette histoire lui a pris quatre ans de sa vie, c’est un film abouti.
VOUS SEMBLEZ AVOIR PRIS UN REEL PLAISIR A JOUER UN PERSONNAGE BIENVEILLANT, SYMPATHIQUE.
J’étais heureux parce que l’histoire nous permettait de passer de scènes de comédie burlesque et hilarante à des scènes d’émotion dans la seconde qui suit, tout en restant dans une parfaite cohérence. Le personnage est constitué de ces deux éléments. J’ai aimé inventer avec fantaisie et en totale liberté un personnage qui est confronté à une multitude d’émotions. Je suivais simplement la musique des sentiments.
PARLEZ-NOUS DE VOTRE PLAISIR A JOUER AVEC DE NOUVEAUX PARTENAIRES COMME JOSE GARCIA, SANDRINE KIBERLAIN ET MARILYNE CANTO.
C’est cela, c’était du plaisir. Je me sentais comme dans une cour de récréation où j’aurais dit à des copains, Pierre, José, Sandrine, Marilyne, "Je peux jouer avec vous ? D’accord, c’est génial !" Nous avions la chance d’avoir à jouer une musique toute particulière, de belles scènes. On a partagé de bons moments.
|
|