Nous avons pu voir Les Parisiens il y a moins d'un an. Le Courage d'aimer (2004) est-il un nouveau film, une nouvelle version du précédent, ou simplement une suite ?
C'est un nouveau film. Un film neuf, auquel je n'avais pas pensé quand je suis lancé dans l'aventure. Les temps forts de la trilogie étaient dispersés sur les trois volets. Je n'ai pas eu le talent de le deviner au moment de l'écriture. Ainsi Le Courage d'aimer (2004) est tout autant le résultat de mon travail que le fruit des événements.
Avant la sortie des Parisiens, vous annonciez une ouvre somme. Celle-ci se révèle progressivement, mais sous une forme à laquelle vous ne pensiez pas au départ.
Les Parisiens n'a pas trouvé son public. Ce n'est pas la première fois que j'ai été confronté à l'échec. Mais en mon fort intérieur je n'ai pas accepté celui des Parisiens. Parce que mon inconscient me laissait entendre qu'il s'agissait de l'un de mes films importants. Mes convictions ont d'ailleurs été renforcées par toutes les lettres et les nombreux messages d'encouragement que j'ai reçus. Je crois que le film est moins en cause que sa présentation.
Chacune deux histoires principales bénéficie du resserrement du matériau narratif.
La durée du film est 1h 45. Ces 105 minutes se composent à 50% des Parisiens et à 50% du Bonheur c'est mieux que la vie, le second volet de la trilogie initiale, que j'ai tourné mais que personne n'a vu. Tel qu'il se présente aujourd'hui, le film met en lumière des rencontres entres les personnages. Des rencontres qui peuvent être vues comme une succession de combats. Avec les seizièmes de finale, les huitièmes, les quarts, etc. Car chaque face-à-face est une confrontation, amicale le plus souvent, mais une confrontation malgré tout. A chaque fois, il y a un vainqueur et un perdant.
Vous avez travaillé avec deux directeurs de la photo, un pour chaque volet.
Leurs travaux respectifs ont au final été fondus dans un seul film. J'aurais dû tourner les deux volets avec Gérard de Batista. Mais il a du partir sur un autre film. J'ai donc fait appel à Jean-Marie Dreujou, dont j'avais adoré la photo des « Deux frères » de Jean-Jacques Annaud ainsi que son travail avec Patrice Leconte. Encore une fois, les évènements ont désigné la route à suivre ! Le Courage d'aimer (2004) propose deux ambiances différentes, Jean-Marie Dreujou a filmé l'été, de Batista l'hiver.
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