«Il m’a fallu deux films en costume et langage XIXème pour entrer dans ce carcan de conventions, ce corset contre nature qui m’étouffe, reconnaît Emilie Dequenne.
Comme je n’avais plus ma propre façon de me tenir, de bouger naturellement, j’avais l’horrible sensation d’être fausse. Mais ce film est tellement bien écrit que je commence à m’amuser, à devenir une personne plus qu’un personnage d’autrefois. Je commence à voir naître Charlotte dans les rushes. Je suis bien «schizophrène», c’est l’intérêt du métier de pouvoir l’exprimer ! Le plus difficile pour moi est de jouer à ne pas être maternelle, de ne pas consoler la petite fille qui joue avec moi quand elle pleure. Rester dans la distance physique sans toucher l’autre… La retenue des Chrétiens culpabilisés ne me correspond pas. En cours de route, Charlotte explose comme je l’aurais sans doute fait et redevient la petite fille qu’elle était, qui se moque de tout. Personnellement, je me sens plus nourrice que bourgeoise, je me retrouve dans un contre-emploi de fille pas généreuse, alors que je m’attendais à être choisie pour jouer la nourrice ! Pour la deuxième fois depuis que je suis comédienne, je suis confrontée à un personnage marqué par son histoire, conditionnée, mais pas naïve du tout.»
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