J’ai de la sympathie pour Cathy, la bonne copine qui essaie de se persuader que tout va bien, même si elle peine à trouver l’homme qui pourrait être le père de ses futurs enfants. En cela, sa souffrance est celle de beaucoup de femmes qui ont la quarantaine. Une part d’elle s’assume et une autre, pas du tout. On la présente comme une femme indépendante, une gynécologue bien installée dans sa vie professionnelle, organisant régulièrement des dîners dans son joli appartement, et en même temps, elle a un côté vieille fille, même séduire son copain homo quand il lui avoue avoir fait l’amour avec une femme lui est interdit ! Je crois qu’on se souvient d’elle car elle observe les peines de Manu et sa volonté inextinguible d’avoir un enfant, et que cette histoire va finir par la révéler à elle-même, et notamment dans la scène où ses deux amis homos sont devenus parents ! Et il fallait vraiment être déchirée intérieurement pour dire une telle horreur dans cette séquence ! Une comédie fonctionne quand on est sincère à tout moment. Et j’ai aimé que Vincent Garenq ne lésine jamais sur l’émotion. On a passé une journée sur la scène où Cathy annonce à Manu la mauvaise nouvelle qui va lancer le film dans une nouvelle voie. J’ai aimé que Vincent ne cherche pas à rentabiliser mon personnage uniquement lorsqu’elle est «loseuse» ou drôle, mais qu’il cherche à la rendre empathique et émouvante. Ca m’a touché qu’il pense à moi pour incarner ce genre de femme, parce que ce n’est pas là où on m’attendait le plus au cinéma.
Entretien avec Anne Brochet
Extrait tiré du dossier de presse
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