De 1968 aux années 2000, Laetitia Casta traverse la saga d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau comme une figure de proue. L’occasion pour la comédienne de donner toute la mesure de son talent dans un rôle généreux et émouvant. Laetitia Casta joue actuellement au Théâtre de la Madeleine dans la pièce de Florian Zeller «Elle t’attend» jusqu’au 31 décembre.
En quoi le projet d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau vous a-t-il séduite ?
J’étais d’abord ravie de rencontrer Olivier et Jacques, deux auteurs qui ont un univers bien à eux, et que je trouvais particulièrement intéressants. Et puis avec le personnage de Catherine, ils me proposaient quelque chose de différent de ce que j’avais pu faire jusque-là : une femme qui tout au long de sa vie rencontre des épreuves mais qui demeure fidèle à ses idéaux, et reste le pilier d’une communauté. Cela s’annonçait pour moi comme une découverte de la liberté.
Catherine n’est pas un personnage figé…
Bien qu’elle soit issue d’un milieu bourgeois, elle a très tôt un point de vue solidement ancré sur les choses, presque visionnaire. Mais elle évolue dans le temps, notamment lorsqu’elle est confrontée à ses enfants, à l’homosexualité. Cette ouverture la rend fragile, et d’autant plus intéressante…
Pour vous qu’est-ce que représente la période de mai 68 ?
Participer à ce film était une façon de réfléchir à mon mai 68 à moi, à mon positionnement par rapport à un passé que je n’ai pas vécu. J’ai pu comprendre cette lumière que j’entrevoyais dans les yeux des gens avec qui je discutais de cette époque, comprendre aussi pourquoi des femmes s’étaient battues, pour des choses qu’on a tendance à oublier aujourd’hui parce qu’elles sont acquises. Il y a toujours du bon et du mauvais dans un événement, mais cette période m’apparaît aujourd’hui comme un important bond en avant.
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