PROPOS RECUEILLIS PAR AMÉLIE DE VRIESE pour FRANCE 2
Pierrette est une femme malmenée par la vie et sauvée par la solidarité ouvrière. Dominique Blanc est Pierrette. Ça faisait très longtemps qu’Hervé Baslé voulait lui proposer un rôle sans oser. Elle est là et on ne le regrette pas.
Connaissiez-vous cet univers de la sidérurgie ?
Pas du tout. C’était une découverte totale. J’avais évidemment entendu parler à la radio de la métallurgie, du rachat des hauts fourneaux, de toutes ces choses, mais sans vraiment réaliser la détresse qu’il y avait et qu’il y a derrière. Quand on a tourné à Longwy et en Belgique, on s’est trouvé dans des régions sinistrées avec des gens perdus et abandonnés.
Racontez-nous Pierrette…
Elle n’est pas gâtée par la vie. L’univers est tellement impitoyable qu’a priori, suite à l’accident de son mari, elle devrait se retrouver à la rue, avec ses gamins. Elle est sauvée par la solidarité ouvrière, par Marina (Golovine alias Graziella) et notre cher Francis (Renaud alias Robert Panaud). C’est cette histoire qui me plaisait. Cette histoire de solidarité — qui n’existe peut-être plus maintenant ou alors sous une autre forme. Tout à coup, les gens travaillant au même endroit, habitant dans la même rue, plongent pour essayer de rescaper celui/celle qui est dans la détresse.
Vous avez rencontré la troupe Baslé…
Hervé Baslé est fidèle depuis très longtemps à tous ces comédiens. Des comédiens que j’aime énormément. J’ai eu, en quelque sorte, l’impression d’entrer dans une nouvelle famille où j’étais acceptée avec beaucoup de chaleur et de sincérité. Cela a été un moment en état de grâce pour moi. Hervé étant incroyablement pointu, précis et préparant beaucoup, il y a peu de répétitions et de prises. Il est très serein ; il me fait penser à un vieux maître zen japonais. En tout cas, s’il a des inquiétudes, il ne les montrera jamais à ses comédiens. Il est d’une extrême sensibilité ; il perçoit tout : les inquiétudes, les débuts de panique de l’acteur venu pour une unique journée, ou de celui présent pour plusieurs mois. C’est donc sans difficulté que l’on monte dans le train. C’est vraiment réconfortant de sentir qu’il existe encore des rapports professionnels de cette qualité-là.
Il raconte que, depuis très longtemps, il vous voulait dans ses films mais n’osait pas vous le demander…
Je me rends compte que peut-être je fais peur ! (rire) J’espère que non. Souvent les gens me disent n’avoir pas osé. C’est dommage car l’audace ne donne que de beaux résultats. J’étais vraiment contente qu’Hervé ose. Dès notre première rencontre, on a été dans l’échange et la confiance. Car c’est quelqu’un qui donne beaucoup de confi ance à ses comédiens. Il les aime intimement, tout comme son équipe de techniciens qui le suit depuis des années. Donc, ça tourne vite et bien. Le but, l’engagement de chacun sont toujours pour servir l’histoire. Toujours. Et avec Hervé, c’est la petite et la grande histoire. La télévision ne fait plus des films comme ça. Or, les gens, je pense, aiment la fiction qui fait rêver, la fiction qui leur apprend des choses. Tout à coup, avec Le Cri, vous traversez 100 ans d’une histoire que l’on connaît très peu. L’histoire de la métallurgie à travers des personnes, de vraies personnes, des petites personnes mais qui sont vraiment grandes.
Interview Dominique Blanc, interprète de la mini-série 'Le Cri'
(extrait du dossier de presse)
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