CinEmotions : Cinéma, Séries TV & DVD
Identifiants oubliés ? Inscrivez-vous !
via
 44 024 films, séries...  645 335 artistes  1 099 687 produits   171 116 affiches & photos
Drop Down Menu
Menu fiche
Celle que j'aime
voir l'affiche

Celle que j'aime

Distribution
 10 acteurs et actrices
 20 techniciens
Critiques
 1 critique
Interviews
 4 interviews
Infos
 1 info
Festivals
 1 sélection
Media
 22 photos
 1 affiche
 1 vidéo  Nouveau format
Forum de la fiche
Boutique

Vidéos
1. Bande annonce VF

Programme TV
Canal +  Mercredi - 08:30
Max contre les forces du Mal
TMC  Mercredi - 10:00
Le Secret d'une soeur
Canal +  Mercredi - 10:25
Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre
M6  Mercredi - 13:45
Romance en terres sauvages
RTL9  Mercredi - 13:50
Le Maître du temps
TF1  Mercredi - 13:55
Julie Lescaut : La mort de Jeanne
Canal +  Mercredi - 14:00
Dernier étage gauche gauche
Gulli  Mercredi - 14:30
Mon Frère ce héros
France 3  Mercredi - 15:00
Maigret à l'école
RTL9  Mercredi - 15:25
Air Bud III : World Pup
TF1  Mercredi - 15:35
Moi à ton âge !
M6  Mercredi - 15:40
Les Cheetah Girls 2
Canal +  Mercredi - 16:30
Les Aventures de Philibert, Capitaine Puceau
TF1  Mercredi - 17:20
Grey's Anatomy - 3.01 : Avec le temps
France 4  Mercredi - 20:35
Direct Contact
RTL9  Mercredi - 20:40
FBI Fausses Blondes Infiltrées
NT1  Mercredi - 20:45
Panique !
Gulli  Mercredi - 20:45
Roxy Hunter and the Mystery of the Moody Ghost
TF1  Mercredi - 20:50
Les Experts - 10.14/23 : Tirer sa révérence
France 2  Mercredi - 20:50
Emma
Entretiens Retour aux entretiens
Celle que j'aime
Entretien avec Elie Chouraqui, réalisateur de 'Celle que j'aime'
91 lectures

Comment est né le projet de Celle que j'aime (2008) ?
Jean-Marie Duprez, qui a cosigné le film avec moi, m’a apporté l’idée de départ. L’intrigue m’intéressait parce qu’elle rejoignait mes préoccupations sur les familles recomposées et la position du beau-père. Car l’irruption d’un homme ou d’une femme au sein d’un foyer provoque des drames, mais aussi des bonheurs dont on ne parle pas assez.

Comment s’est passée l’écriture ?
J’ai repris la trame initiale de Jean-Marie pour l’amener vers la comédie romantique. Bien que ma propension naturelle soit d’aller vers le tragique, j’ai voulu écrire un film léger et drôle - ce qui n’empêche pas, au bout du compte, qu’il y ait des moments d’émotion car les situations que je décris sont aussi empreintes de gravité. Pour autant, je voulais qu’on sente, dans le ton du film, la joie que j’ai eue à donner du plaisir au spectateur.

Le film est en prise directe avec la réalité familiale d’aujourd’hui...
Oui, parce que les rapports familiaux ont changé en profondeur. Aujourd’hui, les relations sont beaucoup plus directes entre parents et enfants : on peut presque tout dire à son père ou à sa mère, sans pour autant lui manquer de respect. On va même jusqu’à solliciter le point de vue des enfants, en essayant de les mettre en valeur.

Vous évoquez aussi le choc suscité par l’arrivée d’un beau-père.
Quand un gamin entre dans la chambre de sa mère et découvre un inconnu dans son lit, le choc peut être assez violent. En plus, cet homme se comporte avec l’enfant avec un mélange d’autorité bienveillante et de complicité, sous prétexte d’aimer sa mère. Ce sont donc tous ces sentiments étranges et contradictoires dont je voulais rendre compte.

Mais toujours avec gaieté...
Oui, parce que je suis convaincu que les familles recomposées apportent plus de bonheur que l’inverse. Il y a quelques décennies, les femmes qui n’aimaient plus leurs maris ou qui étaient trompées étaient contraintes de passer leur vie à leurs côtés et de s’occuper des enfants : elles étaient enfermées dans un carcan social générateur de détresse. Dans Celle que j'aime (2008) , je voulais parler de ce grand mouvement libératoire qui fait qu’aujourd’hui la femme est au coeur des choses. Désormais, elle a droit à tout en même temps, à l’égal de l’homme : un métier passionnant, un enfant, l’amour et le droit de se tromper de compagnon et d’en changer !

D’ailleurs, dans le film, Isabelle est une véritable figure d’autorité, à la fois chez elle, auprès de son ex-mari et dans son travail.
C’est sur elle que tout repose. Grâce à Isabelle, tous les hommes qui gravitent autour d’elle trouvent leur équilibre : son fils, Antoine, son nouveau compagnon, et Jean, son ex-mari qui ne se libérera d’elle que lorsqu’il comprendra qu’il n’y a plus d’amour entre Isabelle et lui. Elle incarne aussi l’équilibre du
journal où elle travaille : elle n’hésite pas à se battre pour lancer un nouveau magazine alors qu’elle traverse un cataclysme entre son fils et l’homme qu’elle aime.

Dès les premiers plans, on a le sentiment que la caméra est amoureuse d’Isabelle...
C’est parce que dans ces moments-là, c’est son fils qui parle d’elle. Y a-t-il une femme dont on peut parler avec plus d’amour que sa propre mère ? Quand on a la chance d’avoir une mère qui vous a entouré d’amour, cela vous donne des bases extrêmement solides pour toute la vie.
Ce que j’aime bien dans cette scène d’ouverture, c’est que la voix-off n’est ni celle du petit Achille, ni celle d’un adulte : il s’agit du fils devenu adolescent. Le regard qu’il porte sur sa mère est celui d’un enfant qui est fou d’elle et qui nous dit que cette fille est géniale. J’ai maintenu l’ambiguïté le plus longtemps possible pour qu’on se demande qui parle.

À travers le personnage d’Isabelle, le film est aussi une déclaration d’amour à Paris.
J’aime ma ville, même si je suis parfois en colère contre les Parisiens ! Mais il n’y a pas une seule fois où je sois passé sur le pont de la Concorde ou le pont de l’Alma sans me dire que l’oeuvre de l’homme, quand il est intelligent, est admirable. Quand je filmais ces plans d’Isabelle en train de courir, de prendre son bus ou de faire son marché, je voulais faire partager au spectateur le plaisir qu’elle éprouve dans ces moments-là. C’est le genre de jubilation qu’on ressent dans ces instants de grâce où l’on est amoureux et où l’on vit un week-end parfait : on va voir un bon film qui nous rend heureux, on sort de la salle sous une averse et on se réfugie dans un café tandis qu’un rayon de soleil vient caresser la vitre...

Antoine est un homme qui a une grande part de féminité...
Absolument. Pendant des siècles, les hommes ont lutté contre cette part de féminité qui est en nous tous. Aujourd’hui, on ne s’étonne plus qu’un homme éprouve de la tendresse pour un enfant et qu’il ait envie de s’en occuper. On ne s’étonne plus qu’il ait des attitudes jusque-là réservées aux femmes. Antoine incarne très exactement cette tendance-là : il montre ses sentiments, sa détresse et son amour. Pour moi, le machisme est un comportement d’un autre âge. Les hommes qui veulent montrer qu’ils sont des hommes ne sont plus des hommes. À l’inverse, ceux qui n’ont pas besoin de le montrer sont des hommes au sens noble du terme. Du coup, un type comme Antoine est bien avec les femmes parce qu’il se sent en harmonie avec elles. Il n’est plus dans la lutte hommes-femmes parce qu’il a compris que cette lutte est dépassée.

Comment avez-vous eu l’idée d’en faire un auteur de dessins animés ?
C’est un métier génial et je me suis mis moi-même à écrire des bandes dessinées depuis un an. Surtout, je voulais montrer le côté enfantin d’Antoine : un homme qui, à 40 ans, crée des personnages d’animation possède une sensibilité proche de celle d’un enfant. D’ailleurs, il est particulièrement attentif aux problèmes d’Achille.

Ce qui n’empêche pas Achille de se méfier de lui...
Les enfants sont toujours méfiants de ce qu’on leur dit. Comme lorsqu’Antoine lui dit qu’il est champion d’Europe de pêche au gros sur petite ligne : Achille n’en croit pas un mot, mais constate au final que c’est vrai. Ce que j’aime chez Antoine, c’est qu’il est généreux avec lui et qu’il lui parle franchement : il lui avoue qu’il ne connaît pas grand-chose aux enfants, mais qu’il aime sa mère.

Quel est votre regard sur Achille ?
Il n’est pas égoïste, mais il protège son père. C’est toujours ce qui se produit avec les beaux-enfants : ils espèrent que leurs parents vont se remettre ensemble et estiment que leur devoir est de ne pas aimer cet intrus qu’est le beau-père ou la belle-mère.

Dans le film, Achille va très loin !
Oui, mais je pense qu’un enfant est capable d’aller dans ce genre d’excès. D’ailleurs, par la suite, il sera d’autant plus dans l’excès d’amour et de tendresse vis-à-vis d’Antoine. Beaucoup d’adultes qui ont aujourd’hui la quarantaine ou la cinquantaine admettent qu’ils ont été des beaux-enfants monstrueux. Car, à l’époque où le beau-père ou la belle-mère est entrée dans leur vie, cette situation n’était pas reconnue. Actuellement, les beaux-enfants vivent la séparation de leurs parents et l’arrivée d’un beau-père ou d’une belle-mère de manière beaucoup plus détendue parce qu’il s’agit d’un phénomène admis par la société.

Jean évoque le côté hâbleur et un peu fanfaron du César de César et Rosalie (1972) ...
Il est totalement dans la lignée de César ! En écrivant le scénario, je me suis rendu compte qu’il avait une parenté avec le personnage du film de Sautet : il a à la fois ce côté grande gueule et cet attachement à l’argent, tout en ayant une déchirure intérieure et une vraie tendresse. Je pense qu’on est tous un peu «César» dans certaines situations : on en fait des tonnes parce qu’on a peur de dévoiler ses émotions. Je me suis aussi inspiré de César et Rosalie (1972) dans ma direction d’acteur : j’ai dit à Gérard Darmon que son personnage était volubile, mais qu’il avait une tristesse dans le regard.

D’où viennent les clins d’oeil à Jacques Demy ?
Demy est un cinéaste qui donne du plaisir. En me replongeant dans ses films pour en choisir des extraits, je me suis régalé ! Je trouve que le genre musical est la forme suprême du cinéma. Par exemple, la chanson «Make’em Laugh» dans Chantons sous la pluie (Singin' in the Rain) (1952) veut bien dire ce qu’elle veut dire : il s’agit de faire rire le public et de lui donner du plaisir.

Comment avez-vous choisi les comédiens ?
Marc Lavoine et Gérard Darmon sont des amis de toujours. Avec Marc, les choses se sont passées de manière étrange. Alors que je ne l’avais pas revu depuis des mois, je l’ai croisé par hasard dans la rue et je lui ai parlé de mon film : c’est alors que je me suis rendu compte que le rôle d’Antoine était pour lui. Il y avait comme une évidence à faire ce film ensemble. Dès le lendemain, il m’a rappelé pour me dire qu’il acceptait.
Quant à Gérard Darmon, il émane de lui une force incroyable. En plus, ce qui est formidable avec un acteur de sa génération, c’est qu’il a pris tellement de coups qu’il dégage une humanité évidente, immédiate. On n’a qu’à placer la caméra devant lui et dire «Moteur», et tout est là : sa détresse, sa souffrance et ses bonheurs aussi. Il est comme un virtuose qui aurait travaillé plus que les autres.

Et Barbara Schulz ?
J’avais un souci car je n’avais pas tourné avec des acteurs français depuis neuf ans. J’avais donc un peu perdu de vue les nouveaux visages qui avaient émergé ici. En même temps, cette position me donnait une fraîcheur par rapport au cinéma français : je n’avais aucun a priori. Quand j’ai découvert Barbara au théâtre, j’ai trouvé qu’elle était extraordinaire et je l’ai choisie parce qu’à mes yeux, elle fait partie des meilleures actrices françaises.
Ce qui m’a aussi plu chez elle, c’est qu’elle incarne à merveille la petite Parisienne avec sa gouaille et son côté séduisant et sexy. J’ai même accentué cette facette de sa personnalité.

Comment les avez-vous dirigés ?
Le plus important dans le jeu des acteurs du film, c’est que ce sont des gens qui s’aiment. Du coup, ils donnent beaucoup à l’autre. Et la complicité entre Gérard, Marc et moi, à laquelle s’est associée Barbara Schulz, a apporté beaucoup au tournage : ils se sont donnés sans retenue, sans fausse pudeur, et en toute générosité. Sur le plateau, je leur disais : «Allez-y, ne vous souciez pas de moi, faites ce que vous voulez pourvu que vous soyez heureux dans ce que vous faites !» Du coup, ils ont réussi à me surprendre, ce qui est formidable. Car à partir du moment où ils parvenaient à m’émouvoir, je sentais que l’émotion serait décuplée pour le spectateur. Je me suis donc placé en spectateur du film que je dirigeais, tout en laissant aux comédiens une grande liberté.

Le petit Anton Balekdjian, qui interprète Achille, est étonnant de naturel.
J’ai vu beaucoup d’enfants avant de le choisir. Je ne voulais pas d’un gamin au physique trop lisse, mais qui ait une vraie personnalité et qui rende les situations crédibles. Anton avait cette faculté de s’approprier le dialogue, en rectifiant parfois un mot ici et là, pour aller vers plus de justesse. Par ailleurs, je souhaitais qu’il ait un rapport de couple avec Barbara Schulz parce que c’est souvent ce qui se passe dans ce type de famille monoparentale. Anton a très vite compris ce que j’attendais de lui car c’est un enfant d’une grande maturité. Du coup, il était en position d’égalité avec les autres comédiens : quand il discute avec Marc Lavoine, on n’a jamais l’impression d’un petit garçon qui parle avec un adulte. De même, lorsqu’il se rend compte qu’il a fait une erreur, il agit en homme et pas en enfant.

La musique est formidable.
Cela a été une aventure extraordinaire ! Alors que je travaillais au montage, Yann Errera m’a fait écouter un album qu’il avait produit pour que je l’utilise comme musique provisoire. Il s’agissait d’un groupe canadien, Jimmy Darling, que j’ai trouvé formidable et qui fonctionnait à merveille sur le film. Comme si la musique avait été spécialement écrite pour Celle que j'aime (2008) !
Ensuite, Nathaniel Mechaly, avec qui je voulais travailler depuis le début, a écrit une partition très solide. Le plus drôle, c’est qu’il connaissait bien Jimmy Darling ! Du coup, il a repris les chansons du groupe et retravaillé ses orchestrations. Si j’avais dû réunir une telle configuration, j’aurais mis un an. Là, la chance nous a donné un gros coup de main.

Entretien avec Elie Chouraqui
Extrait tiré du dossier de presse

   


Nouvelles fiches films & séries : Le Maître du temps - Romance en terres sauvages - Emma - Miss Marple : L'heure zéro - Les Hommes-grenouilles - La Légende de Gatorface - The Gundown - Bunohan - Combat à mort - Fight Games - 3 Desperate Men - Otages en péril - Crackerjack - Cracker Jack - Battle Warrior - Mon Ami Sam - Romy - Life's a Beach - Le Ranch maudit - Si tu t'en vas - Fou d'amour - Trafics - The Dictator - Nos Chers voisins - Injustice - Passions d'adolescence - La Vérité sur mon passé

Google

Titre de films : A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9

Personnalités : A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9


© 2004 - 2012 CinEmotions.com (1) - CinEmotions.com est une réalisation de la société Intermédiance Solutions