Vos premières réactions à la lecture du scénario ?
Jean-Loup est pour moi un des plus grands scénariste du cinéma français. J’ai trouvé, tout de suite, le sujet de 3 petites filles (2004) formidable. Jean-Loup sait peindre les femmes, les filles… Et puis, ce film allait me changer, sans jeu de mots, des petits garçons avec qui je travaille beaucoup. Ces trois petites filles par ailleurs ne sont pas si petites que ça, elles deviennent trois grandes femmes au contact d’une quatrième très belle et libre. Ce n’est pas un film d’enfants.
Il fallait aussi trouver l’actrice qui jouerait le rôle de la gogo-danseuse. Jean-Loup m’a parlé d’Adriana. J’ai un peu suffoqué au départ (rires). Mais, je l’avais vue dans une pub pour une marque d’automobiles, et ce qu’elle faisait était loin d’être évident alors je me suis dit pourquoi pas ?
Comment s’est déroulé le tournage ?
Le film s’est monté difficilement… et le tournage s’est déroulé dans des conditions très " Rock’n’Roll" comme le dit l’expression. Personnellement j’ai eu 3 semaines de tournages, j’étais en pleine tournée au théâtre en parallèle… Je jouais un homme du 18ème siècle avec 5 femmes, et je retrouvais encore des filles en Corse !!! C’était fatigant mais un vrai climat de bonheur.
Les petites étaient d’une complicité incroyable !
Tout s’est passé de manière tellement improbable qu’il peut en ressortir quelque chose d’incroyable.
ça a été un " miracle", Jean-Loup a réecrit au fur et à mesure le scénario car vu la météo on a même du changer de saison ! Etant un metteur en scène confirmé, il savait qu’il devait aller vite et à l’arrivée c’est un film sur l’énergie, l’humeur, le feeling et l’émotion…une sorte de " Pialat Light".
Jean-Loup s’est servi de ce qu’il " voyait", ça donne un côté magique, un peu comme un film" volé". Mais en tous cas une belle expérience avec 3 magnifiques petites filles et…une grande pas mal ! (rires)
Travailler avec Adriana Karembeu ?
Adriana est une actrice débutante mais elle a une vraie sensibilité, ce n’est pas un mannequin qui joue. Elle a beaucoup travaillé son personnage complexe et ambigu de " Laetitia" qui n’était pas facile à interpréter. Laetitia est à la fois maternelle et nymphomane. Ça casse un peu son image de bimbo. On ne s’occupait pas de ses jambons mais de sa cervelle… Et aussi de son cœur. Elle est d’une simplicité incroyable. Elle a su s’abandonner dans la confiance et la connivence. J’ai tenté de la rassurer, de la faire rire, de casser les appréhensions. J’ai travaillé avec elle comme avec d’autres enfants. J’avais 4 petites filles en fait (rires).
Un souvenir de tournage ?
Chaque fois que j’arrivais, il pleuvait ! (éclat de rire). J’ai du faire aussi dans la même journée Porto-Ajaccio, Ajaccio-Marseille, Marseille-Paris, Paris-Lille pour arriver à temps et jouer sur scène le soir même ! J’avais des angoisses pour les avions, j’ai vécu un peu comme un " déraciné".
Mais mon souvenir général est une expérience magnifique, qui m’a en plus permis de découvrir la Corse en période non touristique et où j’ai rencontré des gens très sympathiques.
Entretien avec Gérard Jugnot,
(extrait du dossier de presse du film)
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