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Sidney Lumet
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le 25 Juin 1924  à Philadelphie, Pennsylvanie, USA
Décédé le 09 Avril 2011 à Manhattan, New York City, New York, USA

Sidney Lumet connaît New York mieux que personne. En effet, il y a tourné trente de ses quarante-trois films. Considéré comme un directeur d’acteurs hors pair, Sidney Lumet est une figure incontournable du cinéma américain.

Ses films n’ont pas cessé de collectionner les prix nationaux et internationaux. Plus d’une cinquantaine de citations aux Oscars — pour ses acteurs et scénaristes comme pour lui-même : citations à l’Oscar de la Meilleure Réalisation (pour 12 hommes en colère (12 Angry Men) (1957) Un Après-midi de chien (Dog Day Afternoon) (1975) , Network - Main basse sur la TV (Network) (1976) , The Verdict (1982) ), nomination à l’Oscar du Meilleur Scénario pour Le Prince de New York (Prince of the City) (1981) . Il a été honoré sept fois par la Guilde des Réalisateurs, qui lui a décerné entre autres le Prix D.W. Griffith. Enfin, en 2005, il a reçu un Oscar d’Honneur pour l’ensemble de sa carrière.

Ce New-yorkais bon teint est né le 25 juin 1924… à Philadelphie. Fils d’une danseuse, Eugenia Wermus, et d’un des plus grands acteurs du théâtre yiddish européen, Baruch Lumet, il a deux ans à peine quand sa famille vient s’installer à New York. Dès l’âge de quatre ans, il accompagne son père au Yiddish Art Theater de New York et y fait ses débuts d’acteur l’année suivante. Pendant quinze ans, il se produit sur scène, à la radio, et occasionnellement au cinéma (One Third of a Nation, avec Sylvia Sydney). Après son service militaire, voulant monter des spectacles d’avant-garde, il fonde en 1947 une des premières troupes du théâtre Off-Broadway, réunissant entre autres Yul Brynner, Eli Wallach et quelques dissidents de l’Actors Studio.

C’est pourtant par la télévision qu’il se fait connaître. Dans les années 1950, époque tenue pour l’âge d’or de ce nouveau médium, il tourne plus de deux cents émissions, pour la plupart en direct. Parmi celles-ci, citons notamment Don Quixote (1952) , avec Boris Karloff et Grace Kelly, Philadelphia Story (1954), avec Dorothy McGuire reprenant le rôle créé par Katharine Hepburn dans le film de George Cukor, et Crime in the Streets (1955), avec John Cassavetes. Malgré ses débuts fracassants au cinéma avec 12 hommes en colère (12 Angry Men) (1957) à la fin des années 1950, il continuera de travailler à la télévision jusqu’au début des années 1960, réalisant entre autres The Sacco and Vanzetti Story, Rashomon, d’après le grand classique d’Akira Kurosawa, et The Iceman Cometh, tiré de la pièce d’Eugene O’Neill, avec Jason Robards, Robert Redford et James Broderick (père de l’acteur Matthew Broderick).

D’ailleurs, toute son oeuvre cinématographique sera marquée par trois éléments : ses années de formation à la télévision (rapidité de décision et d’exécution) ; son amour du théâtre (on ne compte plus le nombre de pièces qu’il a adaptés ou d’auteurs dramatiques qu’il a choisis comme collaborateurs) ; et son approche presque documentaire, à la fois humanitaire et implacablement lucide, des rouages de la société, de la Police à la Justice en passant, oui, par la télévision.

Réalisé en 1957, son premier film pour le grand écran, 12 hommes en colère (12 Angry Men) (1957) remporte l’Ours d’Or au Festival de Berlin et se voit cité aux Oscars du Meilleur Film, Meilleur Réalisateur et Meilleure Adaptation, le film, qui a pour vedette Henry Fonda, se déroule entièrement dans la salle de délibération d’un jury – le décor unique sera d’ailleurs un motif récurrent dans le cinéma de Lumet. Après Les Feux du théâtre et Une Espèce de garce , Lumet dirige Marlon Brando et Anna Magnani dans L'Homme à la peau de serpent (The Fugitive Kind) (1959) , d’après La Descente d’Orphée, de Tennessee Williams. Il enchaîne avec l’adaptation franco-italienne de la pièce d’Arthur Miller Vu du Pont, avec Raf Vallone et Jean Sorel dans les rôles principaux.

Fidèle à son auteur, Eugene O’Neill, Long voyage dans la nuit (Long Day's Journey Into Night) (1962) est un des nombreux films que Lumet consacre à la famille. Il vaut à Katharine Hepburn, Ralph Richardson, Dean Stockwell et Jason Robards un prix d’interprétation groupé au Festival de Cannes et une citation aux Oscars pour Katharine Hepburn. Malgré ses qualités, Point Limite (Fail-Safe) (1964) , un drame tendu sur la Guerre Froide avec Henry Fonda dans le rôle du président des États-Unis, souffrira de la comparaison avec le Docteur Folamour, de Stanley Kubrick, sorti peu de temps auparavant.

Réalisé la même année, Le Prêteur sur gages (The Pawnbroker) (1964) a pour personnage central un survivant de l’Holocauste qui vit à New York et ne peut surmonter le souvenir de son passage dans les camps de concentration nazis. La performance inoubliable de Rod Steiger lui vaut une nomination à l’Oscar du Meilleur Acteur. Ce film donne aussi l’occasion à Sidney Lumet de diriger son propre père, Baruch Lumet. Situé dans un camp de prisonniers militaires, La Colline des hommes perdus (The Hill) (1965) marque la première collaboration de Sidney Lumet avec l’acteur Sean Connery.

Tiré d’un best-seller de la sociologue Mary McCarthy, Le Groupe (The Group) (1966) se déroule dans le monde clos de la très haute bourgeoisie — ce sera le premier grand rôle de Candice Bergen. Il est suivi d’un film d’espionnage, M 15 demande protection (The Deadly Affair) (1966) notable surtout pour une distribution dominée par James Mason, Maximilian Schell et Simone Signoret.

À la fin des années 1960, sa comédie, Bye Bye Braverman, avec George Segal, son adaptation de “La mouette”, d’Anton Tchekhov (1968), avec Vanessa Redgrave, Simone Signoret et James Mason, ainsi que Le Rendez-vous (The Appointment) (1968) avec Omar Sharif et Anouk Aimée et Last of the Mobile Hot Shots, avec James Coburn reçoivent un accueil critique et public mitigé. Avec Joseph L. Mankiewicz, Lumet co-réalise alors, King: A Filmed Record... Montgomery to Memphis (1970) , un documentaire sur Martin Luther King qui sera cité aux Oscars.

Le Gang Anderson (The Anderson Tapes) (1970) qui le réunit à nouveau avec Sean Connery, rencontre un tel succès que les deux hommes enchaînent immédiatement sur The Offence (1972) tourné en Grande-Bretagne. Tiré d’une histoire vraie, Serpico (1973) est le premier d’une longue série de films de Lumet sur la corruption dans les milieux de la police. Dans le rôle de Frank Serpico, Al Pacino remporte le Golden Globe du Meilleur Acteur, le film reçoit deux citations aux Oscars. L’année suivante, Lumet change radicalement de genre.

Adapté d’un roman d’Agatha Christie, Le Crime de l'Orient Express (Murder on the Orient Express) (1974) est interprété par une pléiade de vedettes (dont Albert Finney en Hercule Poirot, Lauren Bacall, Richard Widmark, et Sean Connery). Cité six fois aux Oscars, il vaudra à Ingrid Bergman le troisième Oscar de sa carrière.

En 1975, Lumet retrouve Al Pacino pour Un Après-midi de chien (Dog Day Afternoon) (1975) . Inspiré par un fait divers authentique — le braquage avorté d’une banque par un homosexuel qui cherche désespérément à financer le changement de sexe de son compagnon — il est tenu par la critique Pauline Kael comme le film “le plus essentiellement new-yorkais jamais réalisé”. Il récolte six nominations (dont celles du Meilleur Film, Meilleur Réalisateur et Meilleur Acteur), et remporte l’Oscar du Meilleur Scénario Original.

Satire virulente de la télévision, Network - Main basse sur la TV (Network) (1976) est sans doute le film le plus célèbre – et le plus prémonitoire – de Sidney Lumet. Il reçoit dix nominations aux Oscars et remporte quatre des précieuses statuettes : Meilleur Acteur pour Peter Finch, Meilleure Actrice pour Faye Dunaway, Meilleur Scénario Original pour Paddy Chayefsky, Meilleur Second Rôle Féminin pour Beatrice Straight. Lumet se voit également décerner le Golden Globe de la Meilleure Réalisation et le Prix de la Critique de Los Angeles. De même, un an après, Equus (1977) tiré d’une pièce de Peter Shaffer, sera plusieurs fois cité aux Oscars, en particulier pour les performances de Richard Burton et de Peter Firth.

Malgré la présence de Diana Ross et de Michael Jackson en tête de distribution, la comédie musicale The Wiz (1978) d’après le grand classique “Le Magicien d’Oz”, ne rencontre pas le succès escompté. Il se voit cependant décerner quatre citations aux Oscars.

En 1981, Lumet renoue avec le succès et avec certains de ses thèmes favoris : Le Prince de New York (Prince of the City) (1981) traite de policiers corrompus, de code moral, de drogue, d’amitié. Tiré du livre de Robert Daley sur le cas (réel) de l’ancien flic Robert Leuci, et adapté par Lumet et Jay Presson Allen, le scénario est cité aux Oscars tandis que le film, Lumet et l’acteur Treat Williams le seront aux Golden Globes. Quinze ans après 12 hommes en colère (12 Angry Men) (1957) , Lumet retrouve l’ambiance des cabinets d’avocats et des prétoires. Tiré d’un scénario de David Mamet, The Verdict (1982) a pour vedettes Paul Newman, James Mason et Charlotte Rampling. Lumet, Newman, Mason et David Mamet sont tous trois cités aux Oscars.

Adapté du best-seller de E. L. Doctorow, Daniel, avec Timothy Hutton dans le rôle-titre, n’est pas sans évoquer l’Affaire Rosenberg. Il traite de jeunes gens dont les parents ont été exécutés pour espionnage sous la pression de l’infâme sénateur Joseph MacCarthy. S’il n’a pas rencontré le succès qu’il méritait, Daniel reste un des films préférés de Sidney Lumet.

Après une comédie ( A la recherche de Garbo (Garbo Talks) (1984) avec Ron Silver), un polar ( Le Lendemain du crime (The Morning after) (1986) avec Jane Fonda) et un film sur Power - les coulisses du pouvoir (Power) (1986) (avec Richard Gere, Julie Christie et Denzel Washington), Lumet renoue avec les thèmes conjoints de la famille et de la politique. A bout de course (Running on Empty) (1988) raconte la fuite, pendant quinze ans, d’un couple d’anciens gauchistes (Christine Lahti et Judd Hirsch) poursuivis par le FBI pour avoir fait exploser un laboratoire fabriquant du napalm à destination du Vietnam, et l’impact de cette itinérance sur leur fils adolescent, brillamment interprété par River Phoenix. Celui-ci sera d’ailleurs cité aux Oscars, ainsi que la scénariste Naomi Foner (qui remportera aussi un Golden Globe).

Famille encore, mais par le biais d’une comédie policière ( Family Business (1989) avec Sean Connery, Dustin Hoffman et Matthew Broderick incarnant trois générations de gangsters). Police encore, corrompue et raciste, avec Contre-enquête (Q & A) (1989) interprété par Nick Nolte et Timothy Hutton.

Prétoire encore avec L'Avocat du diable (Guilty as Sin) (1993) Retour enfin dans les bas-fonds de New York, avec Dans l'ombre de Manhattan (Night Falls on Manhattan) (1997) , un film interprété par Andy Garcia et James Gandolfini (le Tony Soprano de la célèbre série télé), qui se situe dans la lignée de Serpico (1973) , de Le Prince de New York (Prince of the City) (1981) et de Contre-enquête (Q & A) (1989) .

En 1998, alors qu’il tourne dans les rues de New York un remake du Gloria (1998) de John Cassavetes, avec Sharon Stone dans le rôle créé par Gena Rowlands, sort sur les écrans son pamphlet sur le monde médical, Critical Care (1997) avec James Spader, Kyra Sedgwick, Helen Mirren et Anne Bancroft.

Au début des années 2000, Lumet revient à la télévision, avec la série Tribunal Central100 Centre Street») et surtout le téléfilm Mise à nu (Strip Search) (2003) . Écrit par Tom Fontana, scénariste et producteur de la série Oz, et interprété par Glenn Close, Maggie Gyllenhaal et Austin Pendleton, Mise à nu (Strip Search) (2003) se penche sur l’affrontement entre les libertés individuelles et la sécurité nationale dans une Amérique marquée par le 11 septembre.

Poursuivant parallèlement son activité au cinéma, Lumet tourne en 2004 un court métrage intitulé “ Rachel, quand du Seigneur ”, tiré de l’opéra “La Juive”, de Jacques-François Halévy, puis retrouve les prétoires avec Jugez-moi coupable (Find Me Guilty) (2004) présentée en compétition lors de la Berlinale 2006, un film qui marque son retour au cinéma après quatre ans d’absence. La 32ème édition du Festival du Film Américain de Deauville rendait hommage, la même année, à ce grand réalisateur et à l’ensemble de son oeuvre. Il vient d’achever le tournage de 7h58 ce samedi-là (Before the Devil Knows You're Dead) (2006) avec, entre autres, Albert Finney, Ethan Hawke et Philip Seymour Hoffman et s’apprête à mettre en chantier un nouveau film, Whistle, qu’il tournera fin 2006-début 2007.

Signalons enfin que Sidney Lumet est l’auteur d’un best-seller intitulé “Making Movies” (Vintage Books Editeurs). Actuellement à sa huitième réimpression, “Making Movies” est considéré comme le précis le plus clair et le plus direct jamais écrit par un cinéaste en exercice sur les raisons mystérieuses pour lesquelles les films se font… ou pas.
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Titre de films : A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9

Personnalités : A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z 0-9


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