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Eric Rohmer : photos, films, ...
Les Amours d'Astrée et de Céladon
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Eric Rohmer
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Né
le 04 Avril 1920
à Tulle, Corrèze, France |
Décédé
le 11 Janvier 2010
à Paris, Ile-de-France, France |
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De son vrai nom : Jean-Marie Maurice Schérer
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Biographie de Eric Rohmer
Eric Rohmer, de son vrai nom Jean-Marie Maurice Scherer, est né le 4 avril 1920 dans la belle ville de Tulle, en Corrèze. Sa formation est essentiellement littéraire (avec une thèse sur l’organisation de l’espace dans le Faust de Murnau), ce qui le destine tout naturellement à l’enseignement : il officie notamment en tant que professeur d’anglais à Vierzon. C’est assez tardivement qu’il s’oriente vers le cinéma, et ce par le biais de la critique : il sera successivement rédacteur à La revue du cinéma, aux Temps modernes, à Arts, puis devient rédacteur en chef de La gazette du cinéma en 1959, et des fameux Cahiers du cinéma, de 1957 à 1963. Ses cinéstes de prédilection vont alors de Roberto Rossellini à Kenji Mizoguchi, en passant par Jean Renoir ou Howard Hawks, sans oublier Alfred Hitchcock : Rohmer signera d’ailleurs un célèbre essai sur le cinéaste anglais, avec la collaboration de Claude Chabrol. Et puis comme ses cadets des Cahiers, Eric Rohmer se tourne lentement, mais sûrement, vers la réalisation.
Il démarre avec quelques courts métrages très peu diffusés, et un long métrage inachevé ( Les Petites filles modèles (1952) avant d’achever finalement Le Signe du lion (1959) fable de l’errance dans un Paris estival fantômatique, qui restera hélas bloqué dans les couloirs de la distribution pendant trois ans. Cet échec voit Eric Rohmer se contenter alors de l’ombre de François Truffaut et de Jean-Luc Godard, parvenus de leur côté, et ce dès leur premier film, au statut d’auteurs à part entière. Eric Rohmer n’abandonne pas ses activités de critique quand il entreprend la réalisation d’un vaste projet en six films, intitulé Contes moraux et axé sur un thème identique : “Tandis que le narrateur est à la recherche d’une femme, il en rencontre une autre qui accapare son attention jusqu’au moment où il retrouve la première.” Le cycle commence par le court métrage La Boulangère de Monceau (1962) et continue avec le moyen métrage La Carrière de Suzanne (1963) réalisé avec l’aide d’amis des Cahiers, dont le réalisateur Barbet Schroeder. La Collectionneuse (1967) son premier film en couleur, tourné dans le Midi, sera aussi le premier long de la série. Un film qui sort le réalisateur de l’ornière d’un auditoire purement cinéphilique.
Suivent Le Genou de Claire (1970) avec Jean-Claude Brialy et Patrick Bauchau, et L'Amour l'après-midi (1972) romance adultérine avec la rousse Zouzou et Bernard Verley. Autant de films raffinés, littéraires, dialogués avec une précision qui feront la marque d’Eric Rohmer, qui s’attellera bientôt, en transition, à deux adaptations en costumes : une nouvelle de Kleist pour La Marquise d'O... (Die Marquise von O...) (1976) avec Bruno Ganz, et le célèbre poème de Chrétien de Troyes pour Perceval le Gallois (1978) pour lequel le réalisateur s’inspire de la peinture romantique du Moyen Age, livrant une miniature précieuse, scandée en octosyllabes rimés. Autant dire qu’Eric Rohmer prend son public à rebours avec son nouveau cycle entamé en 1980, intitulé Comédies et proverbes, et qui penche vers la modernité la plus ostentatoire (tous les films se déroulent dans un Paris ultra-branché) tout en conservant cet amour indéfectible pour la mécanique des sentiments et le dialogue ultra-ciselé, que certains qualifieront vite de “jeu faux”. Ainsi, les personnages de La Femme de l'aviateur (1980) de Le Beau mariage (1982) de Pauline à la plage (1982) de Les Nuits de la pleine lune (1984) (ses deux plus grands succès commerciaux), de Le Rayon vert (1986) et de L'Ami de mon amie (1987) essaient tant bien que mal de mettre en accord leurs aspirations romantiques aux normes d’une société embourgeoisée.
Mais Eric Rohmer, c’est aussi l’éternel chantre de la jeune fille en fleurs, découvreur de comédiennes aussitôt qualifiées de rohmeriénnes car bientôt fidélisées autour du maître : ainsi Pascale Ogier (Perceval le Gallois, Les nuits de la pleine lune), Marie Rivière (La femme de l’aviateur, Le rayon vert), Béatrice Romand (L’amour l’après-midi, Le beau mariage, Le rayon vert), Anne-Laure Meury (La femme de l’aviateur, L’ami de mon amie), Amanda Langlet (L’amour à la plage) ou Arielle Dombasle (Le beau mariage). Sans oublier les acteurs fétiches tels que Fabrice Luchini (Le genou de Claire, Perceval le Gallois, La femme de l’aviateur, Les nuits de la pleine lune) ou Pascal Greggory (Le beau mariage, Pauline à la plage). Les personnages de Rohmer s’aiment, se trompent, se quittent, s’entraînent parfois dans une rhétorique vertigineuse aux implications quasi-mathématiques, comme dans L’ami de mon amie, où toutes les formules de couples possibles sont passées en revue. A la fois paradoxalement ultra-naturaliste et complètement “fabriqué”, Rohmer se constitue de film en film une chapelle de fans (mais aussi de détracteurs) et trouve un public croissant à l’étranger, notamment en Allemagne et en Angleterre.
En 1990, c’est l’inauguration d’un nouveau cycle, intitulé Contes des quatre saisons qui, une fois de plus, se penche sur les affres de l’amour galant. Conte de printemps (1989) avec Hugues Quester et la découverte Florence Darel, cerne les élans du cœur d’une jeune fille partagée entre modernité et traditions, Conte d'hiver (1990) retrace les angoisses d’une femme (Charlotte Véry) qui a perdu le trace de son grand amour d’été, Conte d'été (1996) est une ronde sentimentale bretonne entre un jeune musicien (Melvil Poupaud) et trois jeunes filles, et enfin Conte d'automne (1998) permet à Rohmer de retrouver ses habituées Marie Rivière et Béatrice Romand pour une parade amoureuse plus adulte, retraçant dans une certaine nostalgie les derniers soubresauts du coup de foudre.
Entre-temps, le réalisateur se sera détourné de ce cycle avec le divertimento campagnard (et en chansons !) L'Arbre, le maire et la médiathèque (1992) (avec une Arielle Dombasle d’anthologie qui découvre comment poussent les salades), et Les Rendez-vous de Paris (1994) film à sketches plus mineur tourné dans la capitale avec de parfaits inconnus. Avec L'Anglaise et le duc (2001) réalisé en DV, Eric Rohmer revient au film à costumes, délaissé depuis près de vingt ans. A bientôt 82 ans, le cinéaste, naturellement discret et pudique, est loin d’avoir tiré sa révérence au 7e Art.
Eric Rohmer est décédé lundi 11 janvier 2009 au matin à Paris.
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