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Sony rachète la MGM
par pour CinEmotions.com.
le 15/09/2004 15:24
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Associé à Providence, TPG et CSFB, Sony, le géant japonais de l'électronique et du divertissement a conclu un accord de principe avec Kirk Kerkorian, patron de la Metro Goldwyn Mayer qui a déjà vendu et racheté 3 fois les studios au Lion sur une trentaine d'années. Cet accord stipule la cessation du catalogue de la MGM, pour un montant de 2,93 Milliards de $, équivalent à 12 $ par action, additionné à 1,9 Milliard de reprise de dettes, c'est-à-dire un montant global de 4,83 Milliards de $ à Sony et ses associés.
Le catalogue de la MGM, l'un des plus riches au monde, comprend pas moins de 4000 films et possède un palmarès impressionnant, des films de légendes et des stars immortelles. Dans les années 1930 à 1950, Tarzan, de nombreuses comédies musicales, les plus grandes stars comme Greta Garbo, Clark Gable, Jean Harlow ou Elizabeth Taylor appartiennent à la MGM. On compte 200 Oscars dont ceux de Ben-Hur West Side Story Rain Man Platoon Casablanca Arsenic et vieilles dentelles (Arsenic and Old Lace) La Comtesse aux pieds nus (The Barefoot Contessa) ou Le Magicien d'Oz (The Wizard of Oz) issus des studios au Lion, et la série des Rocky et la franchise James Bond lui appartiennent également.
Créé en 1924, la Metro Goldwyn Mayer a une histoire plutôt mouvementée. Passée son âge d'or de la période entre 1930 et 1950, la MGM a revendu son réseau de salles de cinéma dans les années 1960, puis a été vendue en 1969 à Kirk Kerkorian à cause de difficultés financières dues à l'apparition de la télévision qui vient concurrencer le cinéma. Le milliardaire californien d'origine arménienne ne l'a racheté que pour s'enrichir et l'exploite au mieux, notamment en vendant la meilleure partie de son catalogue à Ted Turner au milieu des années 1980, pour finir par la revendre en 1989 à Giancarlo Parretti, homme d'affaires italien, sans avoir oublié de maquiller les comptes avant. Parretti la revend à la banque publique française du Crédit Lyonnais (hé oui, la MGM a été française) qui découvre la supercherie, porte plainte contre Kerkorian qui verse 150 Millions de $, et confie la gestion des studios à Franck Mancuso, un ancien de la Paramount.
En 1996, l'Etat français décide de revendre les studios au meilleur acquéreur qui se trouve être... Kerkorian ! Celui-ci ayant revendu la MGM dans un état pitoyable, la retrouve en pleine santé économique pour le prix qu'il l'avait revendu 7 ans plus tôt. Bilan pour le Crédit Lyonnais, une perte sèche de 800 Millions d'Euros. La MGM était depuis dans une phase bénéficiaire, grâce notamment au succès de films comme Hannibal (350 Millions de $ de recettes) et La Revanche d'une blonde (Legally blonde) (ah bon ?). Elle se présente même un temps comme candidat sérieux au rachat de Universal que met en vente Vivendi. Mais la MGM s'avèrent être déficitaire depuis trois exercices, cumulant 2 Millions de $ de dettes, et Kerkorian, qui veut se développer dans l'activité des jeux - par le biais de MGM Mirage dont il est le principal actionnaire, il a déjà racheté en juillet le groupe Mandalay et devient ainsi l'un des leaders mondiaux des casinos -, met en vente les studios du Lion et son catalogue.
Sur les rangs, Sony et Time Warner qui propose une offre de 4,6 Milliards de $ pour finalement abandonner lundi 13 septembre au soir, et reporter son attention sur le secteur du câble aux Etats-Unis, laissant ainsi le champ libre à Sony et ses associés. Le groupe japonais s'est cependant engagé à maintenir la marque. Prolongeant sa politique, Sony exploitera sans doute le catalogue de la MGM pour des éditions DVD, mais possède aussi une démarche de restauration des copies de films classiques qu'il, on peut l'espérer, adoptera pour les nombreux chefs d'oeuvres de la MGM. En effet, dans le cadre d'association avec de nombreuses cinémathèques ou défenseurs des restaurations comme Martin Scorsese ou Quentin Tarantino, Sony apporte à certains grands festivals ou certaines réunions spécifiquement consacrés à la cinéphilie, des films anciens restaurés.
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