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Festivals


34e Festival Des 3 Continents, Nantes, Novembre 2012 - « Voyages, voyages »


par Camille Moreau pour CinEmotions.com. le 16/01/2013 16:43
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Le festival des 3 Continents s'est déroulé à Nantes du 20 au 27 novembre 2012. Entre les salles du Katorza, du Concorde et du Cinématographe, nous aurons voyagé dans une quinzaine de pays différents, survolé chaque continent à travers l'œil-caméra. On redoutait la perte de l'âme de ce festival il y a trois ans, quand ses créateurs, les frères Jallado, prirent leur retraite. Mais le souffle perdure autour des sélections de Jérôme Baron, professeur à CinéSup, et Charlotte Garson, critique aux Cahiers du Cinéma, et le public, d'une fidélité incroyable, est toujours au rendez-vous. Des salles se sont d'ailleurs ouvertes au Pouliguen, à La Turballe et à St-Nazaire pour étendre l'événement à la région. Le festival débordait de films, un peu trop peut-être, avec ses six sélections : Compétition Officielle, Hors-Compétition, Milkyway Image (la compagnie de Johnnie To), intégrale Shinji Somai, Hommage à Serge Daney et Vivre la Ville, sans compter les séances spéciales avec, notamment, le fou-furieux et psychédélique film muet japonais Une Page Folle, lors du Ciné-concert au Grand T.

Autour des films, de nombreux points de discussion : ceux des files d'attente et des cafés à l'espace Cosmopolis bien sûr, mais aussi des tables rondes organisées autour de Serge Daney et de l'état actuel de la critique, de Shinji Somai et de la Milkyway Image. Johnnie To ne put assister au festival mais son chef-monteur, David Richardson, fut l'invité d'honneur pour une Masterclass au Lieu Unique sur le montage. Comme tous les ans, il y avait également l'atelier Produire au Sud qui a vu ses petits revenir pour mieux encourager les prochains (le jordanien Yahya Alabdallah avec The Last Friday et l'argentin Maximiliano Schonfeld avec Germania). Les 3 Continents sont terres de découverte, comme nous l'avons dit, c'est un grand voyage autour du monde. C'est pourquoi nous avons décidé de vous présenter le festival à travers certains pays dont les films nous ont marqués. Cette sélection prouve tout de même, malgré l'éclectisme de sa programmation, la domination asiatique du festival. Vous n'êtes donc plus ici de simples cinéphiles, mais des globe-trotteurs, prêts à aller au bout du monde pour capter la beauté de vos propres yeux. Pas d'avion, non, installez-vous juste en salle, et bon voyage !

Au Japon, les mutations d'un monde
Je commence le festival de bon matin, en retard et sans café, avec un film absolument sublime, tiré de la rétrospective Shinji Somai : The Friends (1994). C'est l'histoire de trois bambins tous plus mal dans leur peau les uns que les autres : le peureux, le binoclard et le gros. Tous sont troublés par leur vie familiale et décident de s'aventurer dans le jardin d'un vieil homme qui s'apprête à mourir. Ils l'épient du petit muret qui borde le jardin, marchant dessus comme des équilibristes, avant que ce dernier ne les surprenne. S'en suit une grande histoire d'amitié, de famille recomposée, sublimée par l'abstraction naturaliste des paysages. Tel un conte, c'est le récit initiatique d'un équilibre à trouver, malgré la lourdeur des secrets de chacun, le grand-père en premier, métaphorisé par des plans larges où les gamins traversent successivement différents ponts de la ville. On retrouve ici des thèmes qui relèvent de l'obsession chez le cinéaste : l'enfance, la filiation et la mutation du monde. Parcours d'enfants pris de court dans un monde en développement qui les dépasse. Son style se définit par l'usage systématique de plans longs, captant la beauté dans sa durée, son surgissement. Connu pour sa direction d'acteurs, il propulsa de nombreuses jeunes actrices au rang de star, comme Yûki Kudô qui joue dans Mystery Train de Jim Jarmusch. Shinji Somai est l'un des auteurs japonais les plus influents de ces trente dernières années et pourtant, mis à part son classique Typhoon Club, aucun de ses films ne dépassa vraiment les frontières nippones. D'où l'importance de cette rétrospective qui se poursuivit en décembre à la Cinémathèque Française de Paris, où l'on put découvrir les chefs-d'œuvre que sont The Friends, The Terrible Couple, Moving ou encore Luminous Woman.

Au Sénégal, la vérité documentaire
L'Afrique noire était la grande absente de ce festival, maigrement représentée hors-compétition par un court-métrage d'Ousmane Sembène, Borom Sarret (1963) et un documentaire de Gentille Menguizani Assih, Le Rite, la folle et moi (2012). Premier long métrage où la réalisatrice revient sur un secret de famille à l'occasion du rituel auquel elle parraine sa sœur, l'akpéma. « La folle », c'est sa grand-mère, bannie et reniée parce qu'elle aurait été impure lors de son propre akpéma. La réalisatrice, dont les traits seraient semblables à la défunte, a dès lors toujours été repoussée par son père qu'elle n'hésite pas à filmer face caméra, révélant ainsi l'ambiguïté sexuelle de ces vieilles traditions. Le film passe ainsi subtilement du journal intime au document ethnographique, débouchant sur l'envie d'émancipation de sa réalisatrice et rêvant celle de son continent. Bel essai où les regards et les non-dits en racontent plus que l'invraisemblable histoire de cette « folle » qui se répète, génération après génération, lors de ce même rituel de l'akpéma.

A Hong-Kong, un nouveau souffle
Un vrai petit bol d'air frais, la programmation consacrée à la MilkyWay Image a permis au F3C de s'ouvrir à un cinéma souvent boudé, qu'on pourrait résumer en deux mots sacrilèges (paraît-il), « commercial » et « divertissement ». Jusque-là le cinéma hongkongais de Johnnie To se résumait pour moi à ces histoires de gangsters frôlant toujours le film noir et la comédie. Avec en tête, notre Johnny national à l'affiche d'un de ses derniers films, Vengeance. Des histoires de vendetta, de gros calibres, mais toujours avec un degré d'incertitude quant à savoir le réel sérieux de toutes ces histoires. Et c'était pour moi la grande force de ses films. Johnnie To comme un équilibriste volontairement maladroit, semblait tomber exprès, toujours au bon moment, de cette corde bien trop raide qu'est le drame. La MilkyWay est souvent à cette image, flirtant entre le rire et le drame, ses patrons, (Johnnie To et Wai-Ka-fai) la fondèrent en 1996 avec pour ambition de rehausser l'exigence du cinéma populaire. Des réalisateurs différents, mais avec une équipe souvent similaire et toujours animée par le peu de moyens et l'urgence du tournage. Ces exigences apparaissent comme le principal moteur de la grande inventivité de ces films, qui flirtent avec le cinéma de genre, et tentent sans cesse de repousser ses codes. On passe du grand n'importe quoi aux larmes avec pour seul motif l'invention, l'invention, l'invention! Je retiens parmi d'autres, les scènes absurdes du récent La vie sans principe. De cet homme qui au bord de la mort préfère mettre ses actions en bourse plutôt que de se rendre à l'hôpital. De ce film de judo, Throw Down, où les relations humaines ne se créent que dans les mouvements des corps et jamais dans la parole. Et enfin Gimme Gimme, kaléidoscope de la jeunesse hongkongaise, parfois ridicule, mais aussi bouleversant. Il était donc important de découvrir cette production mésestimée car commerciale, et cependant bien plus subversive qu'il n'y paraît.

En Inde, la recherche d'une identité
Deux films indiens cette année, le premier, que je n'ai pas vu, dans la sélection « Hommage à Serge Daney », Raison, Discussions et un Conte de Ritwik Gathak (1974), et le second, en compétition dans la sélection officielle, I.D. de Kamal K.M. Ce dernier repartit bredouille du festival bien qu'il synthétisait à lui seul les sélections officielles et celle intitulée « Vivre la Ville ». Jouant sur une ligne entre fiction et documentaire, le film est une traversée de l'Inde actuelle, des quartiers en construction de Mumbai aux bidonvilles des alentours (loin, très loin de l'odieux Slumdog Millionnaire). Charu, une jeune étudiante en marketing, accueille chez elle un ouvrier censé repeindre les murs du salon. Ce dernier finit par s'écrouler, obligeant l'étudiante à le prendre en charge. Avec l'aide, parfois réticente, de ses voisins, elle l'amène à l'hôpital où il finit par mourir. Aucun papier, juste un téléphone sans contacts, et le défunt devient l'inconnu à qui Charu veut donner un nom, rétablir son identité au nom de la dignité humaine. Le propos est fort mais la quête sans fin, et voici Charu perdue au milieu d'une Inde en pleine mutation qui a, elle aussi, perdu son identité.

Chez Daney, le cinéma-monde
Membre du comité de sélection du F3C de 1979 à 1985, Serge Daney a fait figure de parrain aussi bien que d'emblème du festival. On connaissait l'homme en tant que critique mais c'était ici l'occasion, 20 ans après son décès, de dévoiler aussi sa part de globe-trotter, sillonnant le monde à la recherche des plus beaux films de cinéma. On trouvera dans cette rétrospective des films indonésiens, portugais, espagnols, brésiliens et indiens. Des films découverts par Daney mais qui n'avaient pas été reprogrammés depuis. C'était donc l'occasion de souffler sur ces bobines et de les révéler plus actuelles que jamais.
Un hommage qui s'est vu concrétisé par un débat très intéressant autour du rôle déterminant de « passeur » de Daney mais aussi de la critique actuelle. Il y a-t-il encore des fils de Serge Daney ? Quel est le rôle de la critique aujourd'hui? En conclusion, un regard sévère vers la critique actuelle et un petit espoir dirigé sur le web.

Au Mexique, une écriture naturaliste et crépusculaire
Anciens et nouveaux se côtoyaient cette année aux 3 Continents avec la projection de cinq films mexicains, dont deux classiques : Los Olvidados de Luis Bunuel et la Perla d'Emilio Fernandez. Deux autres étaient en compétition, Mai Morire d'Enrique Rivero et Rio de Oro de Pablo Aldrete. Deux films que tout oppose mais qui ont pourtant en commun de plus filmer les paysages que leurs acteurs. Mai Morire est le second film d'Enrique Rivero, qui obtint déjà la Montgolfière d'Or pour son premier long, Parque Via. C'est l'histoire d'une femme qui retourne dans la campagne de son enfance parce que sa mère est en train de mourir. Très contemplatif, le film installe une ambiance onirique dès son premier plan, circulaire. Il y est question de la vie et de la mort, du retour sur soi, de la famille, mais surtout de la nature : sublimes paysages souillés par l'industrialisation du monde. Le Mexique devient la terre d'un paradis perdu. Ce qu'exprime également très bien l'hypnotique Rio de Oro, western anticolonialiste et métaphysique. C'est le premier long-métrage de son réalisateur, Pablo Aldrete, qui avait réalisé jusque-là des courts-métrage expérimentaux. Son film est sublime, très malickien. Il dévoile, lors du périple d'un muletier à travers le pays, la violence des rivalités entre américains, mexicains et apaches, faisant écho à la situation actuelle du pays. Lyrique, contemplatif lui aussi, le Mexique, décidément, parait être en deuil. Une terre crépusculaire.

Au Japon, la télévision prend le pas
Peut-être le plus grand moment du festival. Imaginez un peu : devant la coquette salle du Cinématographe s'attroupe une horde sauvage, d'origines et de générations différentes, venue, après quelques bières et autres gâteries, savourer ensemble, collés-serrés dans des fauteuils de velours rouge, une mini-série de cinq heures tournant autour du viol d'une gamine. Non, nous ne sommes pas tordus. C'est un événement puisque cette série, Pénitence, est la première réalisée par Kiyoshi Kurosawa (auteur des gigantesques Cure, Kaïro et Tokyo Sonata), que ce dernier est présent pour la présenter et qu'elle est encore inédite en France! La série se déroule sur cinq épisodes d'une heure chacun et autant dire que la salle n'a pas détourné ses yeux de l'écran de la soirée, tous fascinés par l'intelligence et la complexité du scénario mis en scène. Un groupe de jeunes filles assiste, impuissantes, au rapt de l'une d'elles. Elle se fait violer et tuer dans un gymnase. Malheureusement pour l'enquête, aucune des filles n'arrive à identifier l'assassin, alors qu'elles l'ont vu et lui ont parlé. Pour cela, elles seront maudites, toutes les quatre, par la mère de la victime, dans une scène tout aussi traumatisante que celle du viol. Chaque épisode recommence par la scène du rapt, et montre, toujours différemment, l'inquiétude montante des jeunes filles qui se répartissent les tâches à la découverte du corps. Chacune aura sa vision des faits, son propre traumatisme, et chaque histoire opte pour un ton différent : fantastique, mélodramatique, ironique etc. Le dernier épisode, celui des révélations, atteindra un certain état de grâce, qui rompt la malédiction par une prise de conscience de la mère. La mise en scène accompagne toujours le ton des épisodes, par les décors, les couleurs et les lignes de fuite, et fait de cette série télévisuelle un véritable moment de cinéma, applaudi comme il se doit par une salle increvable.

En Argentine, la beauté hors-champ
L'Argentine aura bordé mon festival : directement lors de l'ouverture avec El Estudiante de Santiago Mitre et en guise de conclusion, la Montgolfière d'Argent obtenue par Beauty de Daniela Seggiaro. Le premier met en scène un étudiant qui découvre la vie politique à travers une passion amoureuse. Il se rend compte qu'il est un bon organisateur, un bon négociateur, et très vite, son ambition finit par dépasser sa passion. Tourné avec une équipe et un budget réduits, le film se veut être une métaphore de la vie politique, magouilles et trahisons. Si la première moitié du film est plus intéressante, c'est qu'elle présente la montée de l'ambition chez l'étudiant, l'associant à la frénésie de son désir sexuel. La deuxième moitié du film, plus longuette, perd le spectateur par l'accumulation de clichés qu'elle déploie pour représenter l'évidente désillusion de son personnage. Beauty, en revanche, comme son titre l'indique, est un pur moment de grâce. Il fallait d'ailleurs oser pour appeler son premier film ainsi : la beauté. L'histoire est celle d'une adolescente, Yola, membre de la communauté des Wichi, domiciliée loin des siens chez une famille blanche où elle sert de bonne. Au sein de cette famille dominée par la mère, une adolescente s'apprête à fêter ses 15 ans. La jalousie naît forcément entre les deux jeunes filles qui n'arrivent pas à se comprendre. Yola a de longs cheveux qu'elle n'a jamais coupés, elle les détache devant nous : la voilà, la beauté à l'état pur, une longue tignasse noir-profond, derrière laquelle se cache un visage mutique. Pour l'anniversaire, la mère amène les deux filles se faire couper les cheveux, et alors que l'une saute sur place, l'autre a perdu son innocence en un coup de ciseaux. La beauté n'est plus là, elle est ailleurs, hors-champ, loin de cet anniversaire bourgeois, au-delà des collines où son peuple demeure. La voix-off de Yola, en wichi, nous guide en allégories tout le long du film, et amène une gravité qui prend aux tripes. Beauty donc, justement récompensé par la seconde place, amène la profondeur et la sensibilité que l'on attendait du festival, nous faisant voyager au cœur d'une culture pour affirmer que la beauté est toujours ailleurs.

En Chine, l'envers du décor
Three Sisters aura été le grand vainqueur de ce festival en remportant la montgolfière d'or mais aussi le prix du public (dont le réalisateur Wang Bing semble être encore plus fier).
Il faut dire que ce documentaire apparaissait comme une évidence dans la programmation. D'abord parce que Wang Bing représente depuis 2003 (et son immense film A l'ouest des rails) une nouvelle façon de voir le documentaire, qui interroge et tâtonne sans cesse la question du réel. Et puis parce que Wang Bing est chinois et qu'il travaille sur ses films dans la totale clandestinité, avec des moyens parfois dérisoires. Et puisque la Chine s'est toujours prodiguée un regard complaisant envers elle-même, d'une toute puissance sans faille. Ici c'est ni plus ni moins que l'envers du décor qui nous est révélé.
Trois sœurs, encore gamines et qui travaillent seules, livrées à elles-mêmes dans un espace-temps qui semble sorti d'un autre monde. Ce qui est bluffant c'est cette apparente facilité qu'a Wang Bing de nous faire oublier la salle de cinéma et de nous plonger directement dans le cœur de leur quotidien. On sait que le réalisateur chinois est habitué à produire des films longs, voire très longs (A l'ouest des rails durait déjà 551 minutes) mais il semble que cette durée rebutante soit en fait le moteur d'une certaine approche du réel. Nous sommes ici livrés à une véritable expérience qui transcende le cinéma. Il ne s'agit plus de croire ou non à cette histoire documentaire ou de questionner ces choix de mise en scène. Il s'agit plutôt de vivre avec ces sœurs, le temps d'un film. Ni pitié, ni compassion, Wang Bing se contente de scruter leurs gestes, leur labeur, leurs sentiments mais aussi leurs errements, à travers ces paysages de la Chine paysanne, immenses et autant inquiétants qu'extraordinaires. Parfois aussi, on sent la caméra à bout de souffle, nerveuse, elle se fait corps. On est toujours à la lisière du réel. Plus qu'une réussite et qu'un simple prix, Three Sisters restera à coup sûr gravé pour longtemps dans la mémoire de ses spectateurs.

Camille Moreau et Mathieu Le Scornec


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